‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1159 sur 2407 · VI. Mort d'Olhon III. Saint Henri, roi de Germanie · texte numérisé non relu

VI. Mort d'Olhon III. Saint Henri, roi de Germanie

L'empereur Othon III étoit malade depuis quelque temps , et , comme Ton croit , du poison que lui avoit donné la veuve de Crescence, qu'il avoit prise pour concubine. Enfln il mourut le vingt-huitième de janvier Tan mil deux, âgé d'environ vingt-trois ans , dont il avoit régné dix-neuf comme roi, et cinq comme empereur. Il mourut à Palerno, petite ville d Italie dans la campagne de Rome , et l'archevêque de Cologne prit soin de transporter son corps à Aix-la-Chapelle. On laissa ses entrailles à Augsbourg, où elles furent inhumées dans l'oratoire de Saint-Udalric ; et le corps arriva à Cologne la semaine-sainte. On le porta , les trois premiers jours , à différentes églises , et le jeudi-saint à Saint-Pierre , qui est la cathédrale , où , après que les pénitents eurent été introduits selon la coutume , et eurent reçu l'absolution , l'archevêque la donna aussi à l'âme du défunt empereur, en présence de son corps, et recommanda aux prêtres d'en faire mémoire (3). Le vendredi matin, on partit pour porter le corps à Aix-la-Chapelle , où le jour de Pâques, cinquième d'avril, il fut enterré dans l'église de Notre-Dame , au milieu du chœur.

Henri , duc de Bavière , fut élu roi de Germanie le sixième de juin suivant. Il étoit petit-Gls de Henri , frère d'Othon I"" , et par conséquent le plus proche parent d'Othon III, qui étoit mort sans enfants : on le nomme

(1) Ditmar.lib. 4, p. U. n. 11.

(2) Vita Herib. c. 3 , (3) Ditm. lib. 4 , p. 54.

Henri II , par rapport à Henri l'oiseleur ; on le nomme aussi le boiteux ; mais il est plus connu par le litre de saint qu'il reçut après sa mort. La dignité royale lui avoit été prédite par saint Volfang , évêque de Ratisbonne. Car le duc Henri, père de celui-ci , lui ayant amené ses enfants pour recevoir sa bénédiction , le saint évêque nomma Henri roi ; Brunon , son frère , évêque ; Gisèle , sa sœur aînée, reine ; et il nomma abbesse la cadette qu'il avoit baptisée. La prédiction fut accomplie de point en point. Brunonfutévêqued' Augsbourg, et Gisèle reine de Hongrie (1). Après la mort de saint Volfang, le jeune duc Henri étant venu prier à son tombeau , le saint lui apparut en songe et lui dit : Regardez attentivement ce qui est écrit sur la muraille. Henri n'y put lire que ces deux mots : Après six. Etant éveillé , il crut que c'étoit à dire qu'il mourroit six jours après, et donna beaucoup aux pauvres. Au bout de six jours , voyant qu'il se portoit bien , il crut que c'étoit six mois ; et au bout de six mois il crut devoir mourir après six ans : mais la septième année il fut élu roi, et connut le sens de la prédiction. Il fut couronné à Mayence par l'archevêque Villigise\ le huitième dimanche après la Pentecôte, dixneuvième jour de juillet, et on lui donna la sainte lance comme la marque de son pouvoir (2). Le dixième d'août, jour de Saint-Laurent , Cunégonde , épouse du roi Henri , fui couronnée reine à Paderborn par le même archevêque de Mayence ; elle a été mise aussi au nombre des saintes. Le roi Henri vécut avec elle en continence parfaite, comme si elle eût été sa sœur ; et Dieu permit que pour rendre public cet exemple si rare de vertu, Cunégonde fût exposée à une rude épreuve (3). Sa réputation fut attaquée , et Henri lui-même entra en soupçon de sa fidélité. Elle offrit de se justifler par le fer chaud , suivant les lois du pays; et marcha nu-pieds sur des contres de charrue rougis au leu , sans en sentir aucun mal.

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