Cbr. Sax. per. Chort. ap. Sur
(à) Vita S. Guneg. Sœc. Aug.
An d« J.-C.1003. j
famille ; il reçut le baptême , et promit de faire embrasser le christianisme à tous ses sujets.
Comme il étoit en peine de ce qu'il devoit faire pour abolir le paganisme et affermir la vraie religion par de nouveaux évêchés , il vit la nuit, en songe, un jeune homme d'une beauté merveilleuse , qui lui dit : Ce que tu penses ne s'exécutera pas par toi , tes mains sont souillées de sang humain ; mais tu auras un fils qui accomplira ton dessein , il sera du nombre des élus de Dieu ; et, après avoir régné sur la terre, il régnera éternellement. Cependant, reçois avec honneur un homme qui viendra exercer prés de toi une ambassade spirituelle , et profite de ses instructions. Cet ambassadeur céleste fiit saint Adalbert de Prague, qui vint en Hongrie peu de temps après , et , par son conseil , le duc Geisa assembla partout ses sujets ; le saint évêque les prêcha , un grand nombre furent baptisés , on bâtit des églises en plusieurs lieux (1).
La duchesse eut aussi une vision. Car, étant devenue grosse et prête d'accoucher , elle vit saint Etienne le premier martyr, qui lui dit qu'elle auroit un fils qui seroit le premier roi de sa nation , et lui ordonna de le nommer comme lui. L'enfant étant né, saint Adalbert le baptisa et le nomma Etienne. Il naquit à Slrigonie, y apprit la grammaire , et fut élevé avec soin. Quand il fut hors de l'enfance , le duc son père assembla les grands et les autres ordres de son royaume ; et de leur consentement le déclara son successeur , et lui fit prêter serment. Le duc Geisa, déjà avancé en âge, mourut ensuite l'an neuf cent quatre-vingtdix-sept.
VIU. Saint Etienne, roi de Hongrie.
Le jeune duc Etienne, songeant aux moyens d'achever la conversion de son peuple , commença par établir la paix avec tous ses voisins; mais ses sujets payens, avec les seigneurs à leur tête , se révoltèrent , pilloient ses villes et ses terres , tuoient ses officiers et lui insultoient à lui-même. Le duc assembla des troupes, et portant à ses enseignes saint Martin et saint Georges , il marcha contre les rebelles qui assiégeoient Vesprim. Les ayant vaincus, il consacra à Dieu leurs terres , et en fonda un monastère en l'honneur de saint Martin de Tours, que la Pannonie, où il naquit, a toujours honoré. Le duc fonda ce monastère en un lieu nommé le Mont-Sacré, où l'on tenoit que saint Martin , étant dans le pays , alloit faire ses prières.
Après celte victoire , le duc Etienne ne songeoit qu'à la propagation de l'Evangile ; et , pour attirer le secours de Dieu, il faisoit de grandes aumônes, et prioil souvent avec lar-