X. Concile de Rome
amsi , répandoit tant de larmes, qu'il en tiroit des yeux de tous les assistants. Le médecin , tàtant le pouls du saint vieillard , assuroit qu'il n'avoit ni fièvre ni aucun signe de mort.
Après qu'ils se furent retirés, et que l'heure des vêpres fut venue, les frères résolurent de porter le saint homme dans l'église. Car c'étoit la fête desaint Jean l'évangéliste, que les Grecs célèbrent le vingt -sixième de septembre, et ils sa voient quelle dévotion il avoit pour les fêtes des saints, et qu'il disoit toujours qu'un moine doit mourir dans l'église. Ils le firent donc, et l'olFice des vêpres étant fini et le soleil couché, le saint expira. Ils passèrent toute la nuit
(1) Glab. lib. m, c. l. (i) Vila p. I5d.
(1) V. Kircberi Lat. pag. 17.
Sur la fin de l'an mil deux, c'est-à-dire le troisième de décembre, indiclion première le pape Sylvestre II tint un concile à Rome dans le palais de Latran , où Pierre, scnniaire dit (2) : Seigneur, votre abbé de Saint-Pierre prés de Pérouse, qui est ici présent , se plaint que l'évêque Conon l'a fait tirer à main armée dessous l'autel de votre monastère, et mettre hors de l'église et de la maison ; que tout ce qui y éloit pour l'utilité des moines a été abandonne au pillage, et que l'évêque y a parL L'évêque Conon répondit : Je suis prêt à montrer que cette violence ne s'est faite ni par mon ordre ni de mon consentement; mais vous m'ayez confié l'église de Pérouse, et fait jurer que je n'en diminuerois point les droits : or ce monastère appartient à mon église, et si' on 1 examine juridiquement , votre sainteté n'y a aucun droit particulier. Le pape soutint qu'il avoit trouvé ce monastère dans le domaine de son église, et fit lire, pour le prouver, les privilèges des papes. L'èvc^iue de Pérouse prélendit que le premier avoit été fait sans le consentement de son prédécesseur; mais tout le clergé de l'église romaine déclara qu'il avoit vu la lettre du prédécesseur , par laquelle non-seulement il consentoit à la chose, mais lademandoilinstamment. Après quoi l'évêque suivant le jugement du concile, renonça aiî monastère de .>aint-Pierre en faveur du pape et donna à l'abbé le baiser de paix. '
Cet abbé de Saint-Pierre de Pérouse, nommé aussi Pierre, étoit le premier qui avoit établi ce monastère du consentement de l'évêque Ilonestus (3) , dans l'église qui étoit l'ancienne cathédrale. Il mourut l'an mil sept le dixième de juillet, et est compté entre 'les saints.
XI. Mort de Silvestre IL Jean XVII, pape. Le pape Sylvestre II mourut l'année suivante
oJlL^' *^*- ^^^^y*"' R* (^) Tora.9,Conc.p.l2io.
HISTOIRE DU CHRISTIANISME. [An de J -C. 1003 cl looi.
An de J.-C. iOOi.]
mil trois, le douzième de mai, après avoir tenu le saint-siége plus de quatre ans. Il fut enterré à Saint-Jean-de-Latran, et comme on rebàlissoit cette église en mil six cent quarante-huit, on le trouva dans un cercueil de marbre, revêtu dhabits pontiûcaux , la mitre en léte, les bras en croix, et il en sortit une odeur agréable (1). Mais sitôt qu'il eut pris l'air, tout fut réduit en cendres, et il ne resta qu'une croix d'argent et l'anneau pastoral. Outre les lettres dont j'ai parlé, on a de lui un discours fait aux évéques depuis qu'il fut pape, où il leur représente leurs devoirs, et parle fortement contre la simonie. Il y fait dire à un nouvel évéque : J'ai été ordonné par l'archevôque, à qui j'ai donné pour cet effet cent sous d'or ; mais si je suis assez heureux pour vivre, j'espère bien les regagner en ordonnant pour de l'argent des prêtres, des diacres et d'autres ministres de l'autel ; j'en userai de même pour la bénédiction des abbés et des églises. 11 marque que le peuple crioil à l'ordination d'un évoque : 11 est digne et juste. Le successeur de Sylvestre fut Jean XYII , autrement nommé Sicco, qui ne tint le saint-siége qu'environ cinq mois, et mourut le dernier d'octobre mil trois; il fut enterré au monastère de Saint- Sa bbas. Le sainl-siége vaqua ensuite quatre mois et demi, et le dix-neuvième de mars mil quatre , fut ordonné pape Jean XYlll , autrement nommé Fasan, Romain de naissance comme le précédent , et il tint le siège cinq ans. On trouve dans un auteur du même siècle qu'il y a voit dans Rome vingt monastères de religieuses , quarante de moines, soixante de chanoines (2), sans ceux qui étoient hors de la ville.