‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1178 sur 2407 · XXV. Religion du roi Robert · texte numérisé non relu

XXV. Religion du roi Robert

En France, le roi Robert , touché des censures ecclésiastiques et des exhortations d'Abbon de Fleury, renvoya la reine Berthe dès Tan mil un , puis il délibéra long-temps sur le choix d'une autre épouse , et enGn vers l'an mil six il prit Constance , fille de Guillaume , comte d'Arles (1). Ce roi lit tenir un concile à Chelles , en son palais, l'an mil huit, le dix-septième de mai, où assistèrent treize évéques. Les plus connus sont Leuthéric , archevêque de Sens , et Hugues de Tours , Fulbert , évoque de Chartres depuis l'année précédente mil sept, et Adalbéron de Laon, qui devoit être fort âgé. 11 ne reste de ce concile qu'une charte en faveur de l'abbaye Saint-Denis, où le roi dit que depuis le règne de l'empereur Charles III, c'est Charles le gros, ce monastère avoit été tellement négligé , que les moines en étoient venus à la pompe séculière, ce qui avoit causé la dissipation de leurs biens et la diminution de leurs privilèges. C'est pourquoi le roi Hugues y avoit établi un abbé capable , nommé Vivien, à qui le roi Robert accorda quelques nouveaux droits.

Leuthéric, archevêque de Sens, étoit dans l'erreur touchant le corps de Notre Seigneur, et s'en servoit quelquefois pour éprouver les coupables, suivant un abus qui avoit cours en ce temps-là (2). Le roi Robert lui en écrivit en ces termes : Puisque le corps de Notre Soigneur doit être le salut de l'âme et du corps de celui qui le reçoit, suivant les paroles que prononce le prêtre en les donnant , comment avez-vous

la témérité de dire : Reçois-le si tu en es digne, puisque personne n'en est digne? Pourquoi attribuez-vous à la divinité les souffrances corporelles? Je jure par la foi que je dois à Dieu 2ue , si vous ne vous corrigez , vous serez privé e r honneur du sacerdœe. L'archevêque pro- Gta de cette réprimande, et cessa d'enseigner sa mauvaise doctrine , qui commenroit à s'étendre dans le monde. Nous ne voyons point clairement quelle étoit cette erreur ; mais nous voyons par la lettre du roi quel'onusoit de paroles différentes des nôtres en administrant l'eucharistie, et qu'au lieu que nous disons: Que le corps de Notre Seigneur Jésus-Christ conserve ton âme pour la vie éternelle , on disoit : Que le corps de Notre Seigneur Jésus-Christ soit pour toi le salut de l'âme et du corps.

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