lib. I, c
marquis Théodoric ne les traitoit pas mieux dans la Saxe orientale.
Ces peuples donc , encore barbares et foibles dans la foi, renoncèrent en même temps au christianisme et à l'obéissancxî des Saxons. Ils ravagèrent , premièrement, par le fer et par le feu, le pays qui est au nord de l'Elbe. Ils brûlèrent toutes les églises , et les ruinèrent jusqu'aux fondements : ils firent mourir , par divers supplices, les prêtres et les autres ministres des autels ; enfin , ils ne laissèrent au-delà de l'Elbe aucune trace de christianisme. A Hambourg, ils emmenèrent plusieurs captifs , tant du clergé que des habitants, et en tuèrent encore plus en haine de la religion. A Aldinbourg, qui étoit la ville la plus peuplée de chrétiens , après avoir tué le reste comme des bêtes , ils gardèrent soixante prêlres pour s'en jouer cruellement; et , après leur avoir coupé en croix la peau de la tête , ils leur ouvrirent l'os, en sorte que la cervelle paroissoit ; puis, ils les promenèrent par toutes les villes des Sclaves, les mains liées derrière le dos, les frappant et les tourmentant jusqu'à la mort. On eût fait un livre entier des martyrs qui souffrirent en cette occasion. C'est ainsi que tous les Sclaves d'entre l'Elbe et l'Eider renoncèrent au christianisme, après l'avoir conservé plus de soixante-dix ans, c'est-à-dire durant tout le temps des Othons.