‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1201 sur 2407 · Vita S. Meinv. n · texte numérisé non relu

Vita S. Meinv. n

Boll. to. 19, p. 539.

à Constantinople, et s'embarqua à Olrante; mais il périt en mer. Pandulfe, son frère, prince de Capoue, se rendit à l'archevêque Pilegrim, qui lui sauva la vie, quoiqu'avec peine , parce qu'il l'avoit pris sous sa foi , car les seigneurs l'avoient condamné à mort.

Du temps de l'abbé Athénulfe, quelques moines, venant de Jérusalem (1), apportèrent au mont Cassiu une piHite partie du linge dont Notre Seigneur essuya les pieds de ses apôtres. Comme plusieurs ne vouloient point croire que cette relique fût véritable, ceux qui l'avoient apportée la mirent sur le feu de l'encensoir, où d'abord elle prit la couleur du feu; mais, quand on eut retiré les charbons, elle revint à son état naturel. On la mit donc dans un reliquaire précieux , et on l'exposoit tous les ans , le jeudi-saint , pendant le lavement des pieds. Cette épreuve des reliques par le feu est remarquable, et nous en trouvons un autre exemple du même temps dans la vie de saint Meinverc (2) ; car, ayant reçu du patriarche d'Aquilée le corps d un saiiit Félix pour le nouveau monastère qu'il avoit fondé près de Paderborn, il fit allumer un grand bûcher au milieu du cloître, et y mit le corps jusqu'à ce que le feu fût éteint et rtnluit en cendres : ce qu'il réitéra jusqu'à trois fois, et le corps saint soutint cette épreuve.

L'empereur Henri pritBénévent et toutes les places que les Grecs lui avoient enlevées ; mais il trouva grande résistance à Troy es en Pouille, qui atlendoit du secours de l'empereur Basile (3). Après trois mois de siège, les habitants résolurent de se rendre , et , ayant appelé un solitaire, comme il y en avoit un grand nombre en Italie, ils lui firent prendre une croix , et envoyèrent avec lui tous les enfants de la ville, criant : Kyrie eleison! Ils vinrent jusqu'à la tente de l'empereur, qui demanda ce que c'étoit, et on lui dit qu ils demandoient miséricorde pour la ville. Il répondit : Celui qui connoit les cœurs sait que ce sont les pères de ces enfants qui les font périr, et non pas moi. Il répandit des larmes et les fit reconduire en sûreté. Ils revinrent le lendemain malin , criant de même, et il dit en les voyant cette parole de Notre Seigneur , J'ai pitié de I e peuple , et reçut la ville à composition ; car d avoit menacé, s'il la prenoit, de la brûler et de faire pendre tous les hommes.

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