I. Eglise d'Allemagne
L'archevêque Aribon invita l'empereur saint Henri à venir célébrer à Mayence la fête de la Pentecôte l'an mil vingt-trois , et ce prince y assembla un concile national cl Allema,-ne, où, par le conseil des évoques il corrigea plusieurs désordres ( 1 ) . Il voulut entre autres séparer Othon , comte de Hamerstem, d'avec Irmengarde , qui n'étoit pomt sa femme légitime; le comte le promit, partie par la crainte de l'empereur , partie sur les remontrances des évétiues ; mais la femme méprisa ouvertement leurs défenses.
Godehard, nouvel évèquc d Hildesheim , vint au concile. Car Bernouard étoil mort l'année précédente mil vingt-deux , le vingtième de novembre, après trente ans d'episcopat (2). Il se fit plusieurs miracles à son tombeau , aussi fut-il depuis canonisé par Celestin III en onze cent quatre vingt-quatorze. L'empereur, ayant appris la nouvelle de sa mort prit en particulier Godehard, abbe d'Altaha, et lui déclara qu'il vouloit lui donner cet évéché. L'abbé le refusa absolument, et ne se rendit point aux instances des evéques que l'empereur lui fit parler. Il dit seulement que si on le jugeoit digne de lepiscopat il attendroit que Ratisbonne ou Passau vinssent à vaqu«T, afin de pouvoir être utile aux siens , car il éloit né dans le diocèse de Passau. Toulef(»is, un songe qu'il eut huit jours après, et qu'il crut venir du ciel , le détermina à accepter le siège d'ilildesheim; et il fut sacré le jour de Saint- André, vendredi trentième de novembre mil vingt-deux, par Aribon , archevêque de Mayence , son métropolitain. Godehard avoit été oflert à Dieu des l'enfance , dans le monastère d'Altaha ou Altach , dont l'empereur Henri , n'étant encore que duc de Bavière, le fit abbé, et lui donna ensuite plusieurs autres monastères a reformer. Il éloit déjà vieux , et ne songeoit qu'à se préparer à la mort , quand l'empereur l'obfigeaàsechargerdel'èpiscopat; toutefois, il
vécut encore quinze ans , jusqu'au quatrième de mai mil trente-huit , qu'il mourut. Il fut canonisé dans le siècle suivant , ayant fait plusieurs miracles devant et après sa mort.
La même année, mil vingt-trois, le vingtdeuxième d'octobre , mourut GiTon , archevêque de Magdebourg, après avoir fait beaucoup de bien à son église , comme avoit fait a la sienne Arnoul, évêque d'Halberstat , qui mourut la même année , et qui étoit en réputation pour sa science et son éloquence (1). L'empereur passa cette année la fête de Noël à Bamberg, où le peuple de ces églises vacantes vint apprendre quels pasteurs il leur donneroit. Ayant donc délibéré avec ceux qui passoient pour les plus sages , il donna l'archevêché de Magdebourg à Ilunfroy , tire du clergé de Wirlzbourg, et l'évêché d'Halberstat à Brandag , abbé de Fulde. La même année mil vingt-lrois mourut saint Hartuic, archevêque de Saltzbourg , après trente-deux ans d épiscopat (-2). .
On peut juger du soin qu apportoit 1 empereur Henri au choix des èvcH^ues par le grand nombre de saints personnages qui remplirent de son temps les sièges d Allemagne (3). Un remarque entre autres, à Trêves, Meingaud et Poppon ; à Cologne, Iléribert et Pih^ grim; à Mayence, Yilligise, Archambaud et Aribon; à V\ ormes, Burchard; à Utrecht, Ansfiid et Alhalbalde ; à Munster, Thierry et Sigefroy ; à Osnabruc, Thietmar ; à Hildesheim , Bernouard et Godehard ; à Minden, Sibert el Brunon; à Strasbourg, Verinhaire;à Wirlzbourg, Géron et Hunfroy ; à Brème, Unvan ; à Paderborn, Meinverc : car, encore que quelques-uns fussent en place avant le règne de Henri , il est à croire qu'ils lui aidèrent par leurs conseils à choisir les autres.