LIVRE CINQUANTE-HUITIÈME
nauté élut Enguerrand pour lui succéder , excepté quelques-uns qui s'y opposoient , parce qu'ils étoient enflés de leur noblesse. Le roi, ravi de trouver cette occasion de placer Enguerrand , vint aussitôt à Saint-Riquier, mais celui-ci l'ayant appris par avance , se cacha dans les bois. Le roi étant arrivé, le fit si bien chercher, qu'on le trouva , et quand on le lui eut amené, il entra dans l'église, et, en présence de tous ceux qui s'y trouvèrent, il le mit en possession , en lui faisant toucher les cordes des cloches. Car les investitures se faisoient toujours par quelque signe sensible.
Le nouvel abbé eut grand soin de réparer les bâtiments du monastère , d'orner l'église , et retirer les biens usurpés ; d'empêcher par sa fermeté les usurpations nouvelles , et d'augmenter au contraire le temporel par diverses donations qu'il reçut. Il écrivit, par le conseil de l'évéque Fulbert son maître , la vie, les miracles et la translation de saint Riquier en quatre livres , et composa quelques ouvrages en vers. Il vécut jusqu'à l'an mil quarantecinq. Guy, alors archidiacre, et depuis évêque d'Amiens , fit son épitaphe. Il avoit été son disciple , et fut un poète fameux en son temps.
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HISTOIRE DU CHRISTIANISME
[ An de J.-C. 1023.