N. GO
(3) N. 63. Sup. 1. LVII, n. 20.
qu'aucun de ceux qui demeureront ne souffrira le martyre. En effet, de quinze qui s'avancèrent en Hongrie , quelques-uns furent fustigés , plusieurs vendus et réduits en servitude ; mais ils n'arrivèrent point au martyre.
Romuald revint à son monastère d'Orviette, dont il trouva que l'abbé ne suivoit pas ses maximes. Car il vouloit qu'un abbé, comme étant véritablement moine, aimât l'extrême abjection, n'eût point d'affection pour le temporel , et employât les biens du monastère pour l'utilité des frères , sans faire aucune dépense par vanité. N'étant pas écouté , il quitta ce monastère , et s'alla loger avec ses disciples , prés du château de Raynier, qui fut depuis marquis de Toscane. Ce seigneur, ayant quitté sa femme sous prétexte de parenté, avoit épousé la veuve d'un de ses parents. C'est pourquoi Romuald ne voulut point demeurer gratuitement dans ses terres, afin de ne paroître pas approuver sa conduite ; mais il lui payoit une pièce d'or pour l'eau , et une autre pour le bois ; et il le contraignit à les recevoir, en le menaçant de se retirer. Raynier disoit : Il n'y a ni empereur ni homme vivant qui me donne tant de crainte , que le visage de Romuald. Je ne sais que dire devant lui , et je ne trouve point d'excuses pour me défendre. En effet, le saint homme avoit ce don de Dieu, que tous les pécheurs, principalement les grands du siècle, trembloient devant lui comme en présence de la majesté divine.