‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1228 sur 2407 · XII. Brunon, évêque de Toul · texte numérisé non relu

XII. Brunon, évêque de Toul

Le roi Conrad étoit entré en Italie dès Fan mil vingt-cinq, ayant à sa suite Brunon, son parent, clerc de l'église de Toul. Il étoit né en Alsace , et , dés l'âge de cinq ans , ses parents le donnèrent à Berthold, évêque de Toul, pour le faire instruire (1). Etant devenu grand, ils l'envoyèrent à la cour du roi Conrad , dont il se fit singulièrement aimer; et dès-lors, prévoyant qu'il seroit appelé à l'épiscopat , il résolut de préférer une église pauvre à toute autre. Il étoit âgé de vingt-trois ans, et diacre, quand il suivit le roi en ce voyage de Lombardie, étant chargé de la conduite des troupes de l'évêque de Toul , qui n'y pouvoit aller en personne. Brunon s'acquitta mieux de cet emploi que ne prometloit son peu d'expérience , et prit grand soin des campements et de la subsistance des troupes.

Herman , évêque de Toul , étant mort l'année suivante mil vingt-six, prndant le carême, le celrgéet le peuple élurent tout d'une voix Brunon, qui étoit encore avec le roi en Italie, et en écrivit à l'un et à l'autre , représentant que l'évêque, suivant les canons, doit être pris du clergé de la même église , et que l'on ne doit jamais donner à aucune un évêque qui ne lui soit pas agréable. Le roi Conrad avoit grande répugnance à cette élection, tant à cause de la pauvreté de l'église de Toul que pour sa situation dans l'extrémité de son

(1) Vita Léon. ix. Saîc. lOApr. to. 10,p. 6iS. G, Ben. par. 2, p. 53. Boll.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

qui dcterminou lirunun a i accepte lit tant d'instance auprès du roi, qu'il la lui accorda. Il se mit donc en chemin pour revenir d'Italie; et ayant évité les embûches des Lombards révoltés contre le roi , il arriva à Tout le jour de l'Ascension , et lut mis en possession par son cousin Thierry, évéque

de Metz.

Le roi Conrad vouloit que Rrunon différât son sacre jusqu'à Pâques de Tannée suivante rail vingt-sept, où il devoit être couronne empereur , aûn de le faire sacrer en même temps par le pape : mais Brunon ne voulut point contrevenir aux droits de l'archevêque de Trêves, son métropolitain. Toutefois, il se trouva une difllcullé ; car l'archevêque pretendoitque ses suffragants, avant que de recevoir l'ordination , dévoient prêter serment de ne jamais rien faire, sans exception , que par son ordre ou son conseil : ce que Brunon croyoit impraticable, et ne vouloit rien jurer qu'il ne pût tenir. Enûn le roi Conrad les accommoda , réduisant les prétentions de l'archevêque aux affaires ecclésiastiques, suivant l'ancien droit des métropolitains. Brunon fut donc sacré évêque de Tout , le neuvième de septembre mil vingt-six (1).

XllI. Conrad, empereur.

Le roi Conrad vint à Rome l'année suivante , et y fut couronné empereur le jour de Pâques, vingt-sixième de mars , par le pape Jean XIX ; la reine Gisèle, son épouse, fut aussi couronnée impératrice (2). Deux rois assistèrent à cette cérémonie, savoir : Rodolfe, roi de Bourgogne, oncle de Gisèle, et Canut, roi d'Angleterre et de Danemark, qui étoit venu à Rome pour accomplir un vœu. Il se plaignit au pape, à l'empereur et aux autres seigneurs qui se trouvèrent présents, des vexations que souffroient ses sujets, tant anglois que danois, lorsqu'ils alloient à Rome en pèlerinage ou en marchandise, et on lui promit exemption des impositions, et liberté des chemins, particulièrement le roi Rodolfe, qui étoit maître de la plupart des passages des Alpes. Canut se plaignit aussi au pape des sommes immenses .que l'on exigeoit de ses archevtkiuos, quand Ms alloient demander le pallium ; et il fut résolu qu'on ne le feroit plus à l'avenir. C'est ce qui paroît par la lettre qu'il en écrivit aux prélats , aux seigneurs et au peuple d'Angleterre, à qui il recommanda de payer exactement à Rome le denier de siiint Pierre, et les autres redevances aux églises.

L'empereur Conrad, étant de retour en Allemagne, assista la même année mil vingt-sept à un concile assemblé à Francfort par Aribon,

(1) Sup. l. Ui, n. 5. (2) Vip.YiUChunr. p. 4W.

[ An de J.-C. 1020.

archevêque de jMayence, où se trouvèrent vin"^t-trois évêques (1). A l'orient devant l'autel, étoient assis l'archevêque de Mayence avec ses suffragants ; à l'occident l'empereur, ayant à sa droite Pélegrim , archevêque de Cologne et ses suffragants, et à sa gauche Hunfroy, archevtHiue de Magdebourg avec les siens ; au midi d'autres évêques , et au septentrion plusieurs abbés. En ce concile l'archevêque Aribon renouvela sa prétention contre saint Godehard de llildesheim, touchant le monastère de Gandesheim ; mais Godehard , qui étoit présent, prouva son droit par le témoignage de sept évi^ques, qui avoient assisté au traité de Gandesheim. JNeanmoins , rarchevêque l'inquiéta encore pour ce sujet en deux conciles , tenus les deux années suivantes. Entin en mil trente il se désista , reconnut qu'il avoit failli, et se réconcilia avec le saint évr*que.

Page 1