LIVRE CINQUANTE-NEUVIÈME
SI
de saint Augustin cent marcs d'argent et un marc d'or , et enrichit de cette relique l'eglise d'Angleterre. .
Ce fut donc par ses exhortations que le roi Canut fit vœu d'aller à Rome pour l'expiation de ses péchés, et l'accomplit comme nous venons de voir. Ce fut par ses conseils qu'il renouvella les lois tant ecclésiastiques que civiles, comme il paroit par le recueil qui en reste, contenant plusieurs règlements importants sur les matières de la religion, conformes à ceux des rois précédents. Ce fut encore par le conseil de l'archevêque que le roi Canut étendit ses libiTalilés sur les églises étrangères, comme on voit par celle de Chartres où il envoya une somme considérable, du temps de l'évêque FullM-rt, qui l'en remercia |)ar une lettre, et employa cet argent à rebâtir son église, qui avoit été brûlée (3).
L'archevêque Egelnolh mourut l'an mil trentehuit, et est compté entre les saints.
Le roi Canut emmena en Danemark plusieurs évêques d'Angleterre, dont il mit Bernard en Sconie ou Schonen, Gerbrand en Zélande, Reinher en Finlande (1). Unvan, archevêque de Brème, reçut bien l'évêque Gerbrand , mais il l'obligea à le reconnoître pour son supérieur, et à lui promettre fidélité. L'ayant pris en amitié, il se servit de lui pour envoyer au roi Canut des députés avec des présents, le congratulant des victoires qu'il avoit remportées en Angleterre, mais le reprenant de ce qu'il avoit osé en enlever ces évêques. Le roi Canut prit en bonne part la réprimande, et vécut si bien depuis avec l'archevêque, qu'il ne faisoit rien que par son avis, jusque-là qu'il fut médiateur de la paix entre ce prince et le roi Conrad le salique.