XXXII. Fin de saint Siméon de Trêves
Poppon, archevêque de Trêves, écrivit à ce pape en ces termes : Pendant que j'étois allé à Jérusalem, parla permission de Jean, votre prédécesseur, des méchants commencèrent dans notre pays à exercer des pillages, dont ils ne peuvent encore s'abstenir (2). J'ai souvent prie le roi, mon maître, d'y remédier, et je me suis adressé au même pape, mais sans effet. L est pourquoi je vous prie de m'envoyer un homme des plus considérables et des plus habiles qui soient auprès de vous pour m'aider contre ces violences, et me conseiller sur un autre sujet que je ne crois pas que vous ignoriez. Il est mort chez nous, ces jours-ci, un homme d'une vie très-sainte, dont nous devons croire qu'il est avec les bienheureux , si nous avons égard aux miracles que Dieu opère par lui. C est pourquoi notre clergé et notre peuple nous ont prié instamment de vous envoyer sa vie et ses miracles , aûn que , si vous le jugez a propos , vous nous donniez votre décret pour permettre d'écrire son nom entre ceux des saints, et lui rendre les autres honneurs qui leur conviennent.
Ce saint homme qui venoit de mourir à 1 rêves, etoit le reclus Siméon. Depuis sa réilusion, Il souffrit de grandes tentations, tant des démons que des hommes (3). Etant arrivé un grand débordement d'eau, le peuple alla se ngurer que ce reclus en étoit cause , et que ses (Times a voient attiré celle calamité. Ils demandoient tous les jours à l'archevêque , avec de grands cris , de le chasser , et vinrent enfin à sa cellule en foule, jetant des pierres dont une lenêlre fut brisée, et le voulant lapider; mais airaeon demeuroit immobile, rendant grâces a Dieu et priant pour eux. Quand il sut que sa mort etoit proche, pendant les derniers huit jours 11 ne voulut parler à personne, pas même «» celui qui le servoit, et mourut ainsi seul avec Dieu, le premier jour de juin , Tan mil trente-cinq. If se fit à son tombeau grand nombre de miracles, dont l'auteur de sa vie marque plusieurs en particulier. Cet auteur est