‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1259 sur 2407 · Sup. liv. LViii, a · texte numérisé non relu

Sup. liv. LViii, a

^2) Glab. V, c. 4.

(3) Jo. Ep. 2,to. 9,Conc p. 858, et lo. 2 , SpicUeg p. 387.

An de J.-C. loil.]

doit pour époux , et dont vous refusez le gouvernement par attachement à votre repos.

Je ne dis point que vous avez méprisé l'autorité de tant de prélats, qui vous prioient d'accepter la dignité épiscopale ; mais nous ne pouvons laisser impunie votre désobéissance à l'égard de l'église romaine et de nous, si vous ne la réparez par la soumission. Autrement vous vous rendrez coupable de la perle de tant dames, à qui vous pourriez être utile par votre exemple et votre doctrine. Je laisse le reste à dire à l'évêque Geoffroy , qui vous expliquera ma volonté, à vous et à vos confrères. JSOnobstant cette lettre si pressante, Odilon persista dans son refus ; et le pallium avec l'anneau demeurèrent à Clugny. Cependant Henri, roi d'Allemagne et d'Austrasie , qui comprenoit la Bourgogne , affligé de voir l'église de Lyon ainsi abandonnée , voulut en donner la conduite à Halinard, abbé de Saint- Bénigne de Dijon (1). Mais il représenta qu'un moine comme lui étoit incapable d'une si grande charge , et qu'il valoit bien mieux la donner à Odalric, archidiacre de Langres, qui avoit l'âge, la vertu et la science, et qui se trou voit alors à Besançon où étoit le roi , mais il n'en étoit pas assez connu. Le roi admirant ce désintéressement , et voyant qu'Oldalric étoit souhaité par les évêques et par le peuple pour l'archevêché de Lyon , le lui donna ; et il le gouverna dignement pendant cinq ans.

XLIIL Fin de Richard, abbé de Verdun.

L'abbé Richard avoit aussi refusé l'évêché de Verdun ; mais il faut reprendre la suite de sa vie. Il s'opposa fortement à Heimon , son évêque , qui , employant ses richesses à rebâtir les murs de la ville, vouloit y comprendre le monastère de Saint-Vannes (2). L'abbé Richard lui représenta qu'il ne convient pas aux moines d être renfermés dans les villes , de peur que leur repos ou leurs prières nocturnes ne soient troublées par le bruit et les cris du peuple. L'évêque qui, comme grand seigneur, ne souffroit pas aisément de contradiction, demeura ferme dans son dessein ; et l'abbé eut recours à l'empereur Henri , qui envoya ordre à l'évêque de ne point passer outre. Il en eut du dépit, et l'abbé cédant à son indignation, se relira à Remiremont , où il passa cinq ans en retraite. Pendant ce temps il fit deux miracles : Un lépreux fut guéri , pour être entré dans le bain après lui , et un aveugle recouvra la vue, ayant lavé ses yeux de l'eau dont le saint abbé avoit lavé ses mains. L'évckjue en ayant ouï parler, fut touché de repentir, et l'envoya prier de revenir à son monastère ; à quoi il obéit.

L'abbé Richard entreprit ensuite le pèlerinage de Jérusalem , qu'il désiroit ardemment

(1) Glab. v,c. 1. (2) Viia S<ec. 6, Ad.

Ben. p. 526.

Page 1