XLII. Saint Odilon refuse rarchcvèché de Lyon
Saint Odilon venoit de refuser l'archevêché de Lyon. Après la mort de l'archevêque Bouchard, ce grand siège fut disputé par plusieurs contendants , qui n'avoient autre mérite que leur ambition (2). Le premier fut Bouchard, neveu du défunt, évêque d'Aouste, qui quitta son siège, et s'empara insolemment de celui de Lyon ; mais après avoir fait beaucoup de maux , il fut pris par les vassaux de l'empereur, et condamné à un exil perpétuel. Ensuite, un comte , nommé Girard , y mit de sa seule autorité son fils encore enfant, qui peu de temps après fut réduit à s'enfuir et se cacher. Le pap(% informé de ces désordres, fut conseillé par des gens de bien d'employer son autorité pour faire en sorte que l'abbé Odilon fût sacré archevêque de Lyon , suivant le désir de tout le clergé et de tout le peuple. Aussitôt le pape lui envoya le pallium et l'anneau, avec ordre d'accepter cette dignité. Mais le saint homme, considérant la profession humble qu'il avoit embrassée, refusa absolument l'archevêché, et garda le pallium et l'anneau pour le futur archevtV|ue.
Le pape, c'étoit Jean XIX, écrivit sur ce sujet à l'abbé Odilon en ces termes (3) : Saint Grégoire nous enseigne que plusieurs choses paroissent bonnes , qui ne le sont pas : et qu'y a-t-il de meilleur en un moine que l'obéissance? Vous savez combien saint Benoît la relève. Nous avons appris l'injure que vous avez faite à l'église de Lyon , qui vous deman-
ri) Adam. lib. ii, c. 51.
(2) Lib. m, c. 1.
(3) Sup. n. 18. V. not.
Cossarl. lo. 9, Conc. p. 91 :^ Glab. V, c. 1, p. 55. V.
Marc, concord. iv, c. 14.
(1^ Chr. Hug. Flav. p.