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XLIX. Grégoire VI cède. Clément II, pape

Le pape Grégoire VI trouva le temporel de l'église romaine tellement diminué , qu'excepté

(1) Slip. n. ActaSS.Ben. Sœc. 6, p. 508. Boll.31 mart.

[ quelque peu de villes proches de Rome , et les oblations des fidèles , il ne lui restoit presque rien pour sa subsistance , tous les patrimoines éloignés ayant été occupés par des usurpateurs (1 ). Dans toute l'Italie, les grands chemins étoient si remplis de voleurs que les pèlerins ne pouvoient marcher en sûreté s'ils ne s'assembloient en assez grandes troupes pour être les plus forts ; aussi peu de gens entreprenoientils ce voyage. A Rome même, tout étoit plein d'assassins et de voleurs : on tiroit l'épée jusque sur les autels et sur les tombeaux des apôtres , pour enlever les ofl'randes sitôt qu'elles y étoient mises , et les employer en festins et à l'entretien des femmes perdues.

Grégoire commença par les exhortations, en représentant l'horreur de ces crimes, et promettant de pourvoir aux besoins de ceux qui y étoient poussés par la pauvreté. Il écrivit aux usurpateurs des patrimoines de l'Eglise de les rendre, ou de prouver juridiquement le droit qu'ils avoient de les retenir. Comme les exhortations faisoient peu d'eflet, le pape employa l'excommunication ; mais elle ne fit qu'irriter les coupables. Ils vinrent en armes autour de Rome , avec de grandes menaces et pensèrent même tuer le pape. Ainsi , il fut réduit à employer la force de son côté , à amasser des armes et des chevaux , et à lever des troupes. Il commença par se saisir de Saint-Pierre, et tuer ou chasser ceux qui voloient les offrandes ; puis il retira plusieurs terres de l'Eglise, et rétablit la sûreté des chemins. Les pèlerins s'en réjouissoient ; mais les Romains, accoutumés au pillage, disoient que le pape étoit un homme sanguinaire et indigne d'offrir à Dieu le saint-sacrifice, étant complice de tant de meurtres : les cardinaux mêmes approuvoient les discours du peuple.

Ce furent apparemment ces plaintes qui obligèrent le roi d'Allemagne, Henri le noir, de passer en Italie , et travailler à la réunion de lEglise. Car Benoît IX et Sylvestre III prenoient toujours le titre de papes ; et comme il étoit certain que Benoit avoit reçu de l'argent pour céder à Grégoire, on prétendoit que celui-ci étoit entré dans le saint-siège par simonie. Le roi passa à Aix-la-Chapelle la fête de la Pentecôte, l'an mil quarante-six, et fit venir près de lui Vidger , qui , ayant été élu archevêque de Ravenne , occupoit ce siège depuis deux ans , se gouvernant déraisonnablement et cruellement ; c'est pourquoi il lui ôta l'archevêché (2). Rentra en Itafiesur la fin de la même année et fit tenir un concile à Pavie; puis , étant venu à Plaisance , il y reçut honorablement le pape Grégoire VI, qui vint l'y trouver.

Vers la fête de Noël, il fit tenir un concile à Sutri , près de Rome , où Grégoire fut invité et s'y trouva, espérant d'être reconnu seul pape

(1) Vill. Malmesl). Reg.

lib. Il, c. 13

(2) Herm. Chr. lOid.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

[ Ande J.-C. , 1047.

An de J.-C. lOiT.j

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