‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1278 sur 2407 · LXI. Concile de Reims. Première session · texte numérisé non relu

LXI. Concile de Reims. Première session

La première s(»ssion se tint donc le troisième d'octobre, dansl'églisc de Saint-Rémy. llyavoit

vingt évêques, près de cinquante abbes, et plusieurs autres ecclésiastiques (1). Alors se renouvela l'ancienne dispute entre le cierge de Reims et celui de Trêves. Ceux de Reims disoient que leur archevêque étoit primat dans la Gaule , et que , par conséquent , il devoit avoir la première place. Ceux de Trêves attribuoienl au leur la même dignité et le même rang. Le pape , ne croyant pas le temps convenable pour terminer ce différent, ordonna que les sièges des évêques fussent mis en rond et le sien au milieu , et que l'archevêque de Reiras réglât les places. L'ordre de la séance fut tel : le pape au milieu du chœur, tourné vers Forient, et, vis-à-vis de lui, l'archevêque de Reims à la droite, et celui de Trêves a la gauche \près l'archevêque de Reims , quatre évêques , Hèrold de Soissons , Drogon de Terouanne, Frolland de Senlis, et Adalbèron de IVIetz. Au midi, Halinard , archevêque de Lyon, Hugues, èvêque de Langres, Joffroi de Coutances, Yves deSées, Hébert de Lisieux, Hugues de Bayeux , Hugues d' A vranches, Thierry de Verdun. Au septentrion, Hugues, archevêque de Besancon, Hugues, évêque de Nevers, Eusèbe d'Angers, Pudique de Nantes, Duduc, évêque de Velien Angleterre, et Jean, évêque de Porto. Derrière les évêques eloient assis aussi en rond les abbés , dont les premiers étoient Hérimar de Saint-Rémy, Hugues de Clugny, Sigefroy de Gorze , Foulques de Corbie, Robert de Prum, Raynold de Saint- Médard, Giruin de Saint-Riquier, et Godefroy de Yézelay (2). 11 y a voit aussi deux abbés anglois, envoyés avec l'évêque de Veli par le roi

Edouard. ^. ,.

Après qu'on eut fait silence, Pierre, diacre et chancelier de l'église romaine, proposa, par ordre du pape , le sujet du concile, savoir, les abus qui se pratiquoient dans les Gaules contre les canons, c'est-à-dire la simonie, les fonctions ecclésiastiques et les églises usurpées par les laïques, les exactions que l'on levoit sur les églises, les mariages incestueux ou adultérins, 1 apostasie des moines et 'desclens qui renoncoient à leur habit et à leur ^Tofession, le port

Sup. iiv. Li, n. 25. (2) 3oetob.

d'armes par les clercs, les pillages et les détentions injustes des pauvres, lasodomie, et quelques hérésies qui sélevoient en ces quartiers. Après celte proposition, il exhorta tous les assistants à donner aide et conseil au pape pour l'extirpation de ces abus, et, s'adressant aux évêques, il les avertit que, sous peine d'ana- Ihème , ils eussent à déclarer publiquement si quelqu'un d eux avoit reçu ou donné les ordres sacrés par simonie.

L'archevêque de Trêves se leva le premier et dit qu il n avoit rien donné ni promis pour obtenir l'épiscopat, ni vendu les saints ordres à personne : l'archevêque de Lyon et celui de Besançon protestèrent de même de leur innocence sur ce point. Alors le diacre se tourna vers l'archevêque de Reims et lui demanda ce qu'il en disoit. L'archevêque demanda délai jusqu'au lendemain , disant qu'il vouloit parler au pape en particulier, ce qui lui fut accordé. Tous les autres évêques se levant de suite , se purgèrent de même du soupçon de simonie , à la réserve de quatre , savoir : ceux de Langres, de Nevers , de Coutances et de Nantes , dont la cause fut remise à examiner ; et le diacre s'adressa aux abbés, et leur fit la même admonition. L'abbé de Saint Rémy se leva le premier et se purgea de ce reproche , puis l'abbé de Clugny et plusieurs autres-, mais il s'en trouva qui n'osèrent rien répondre.

Alors l'évêque de Langres forma de grandes plaintes contre l'abbé de Poulières, son diocésain , disant qu'il vivoit dans 1 incontinence , et qu'ayant été excommunié faute de payer le cens annuel qu'il dévoila léglise romaine, il n'avoit pas laissé de célébrer la messe et de venir au concile. L'abbé qui étoit présent fut examiné , et, n'ayant pu se justifier, il fut déposé de sa dignité. Ensuite on dénonça , sous peine d'anathème , que si quelqu'un soutenoit qu'un autre que le pape lut chef de l'Eglise universelle, il eût à le déclarer. Tousse turent, et on lut les autorités des pères sur la primauté du pape. Enfin , le pape défendit sous peine d'excommunication que personne se retirât sans permission avant la fin du troisième jour du concile ; et comme la nuit approchoit il congédia l'assemblée.

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