‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1279 sur 2407 · LXII. Seconde session · texte numérisé non relu

LXII. Seconde session

Le lendemain , quatrième jour d'octobre , les évêques , les abbés et le reste du clergé s'étant rendus dans la même église de Saint-Rémy, le pape se relira avec quelques prélats dans la chapelle de la sainte trinitè, où 1 archevêque de Reims lui fit sa confession en particulier, et on parla long-temps des affaires de l'Eglise ; puis le pape en sortit , et on commença la seconde session du concile par les prières et la lecture de l'Evangile. Quand les prélats eurent pris leurs places , le diacre Pierre somma rarchcvêquc de Reims de se défendre sur l'ac-

cusation de simonie, pour laquelle il avoit obtenu délai , l'accusant encore de plusieurs autres crimes, qu'il disoit avoir appris par la commune renommée. L'archevêque demanda permission de prendre conseil , et, l'ayant obtenu , il assembla les évêques de Besançon , de Soissons , d'Angers , de Nevers , de Senlis et de Térouane, et consulta secrètement avec eux ; puis, étant revenu, il obtint du pape que l'évêque de Senlis parlât pour lui. Cet évêque déclara que l'archevêque n'étoit point coupable de simonie, après quoi le pape ordonna à l'archevêque de l'affirmer par serment, et fit lire la sentence de saint Grégoire, touchant la justification de Maxime de Salone (1). L'archevêque de Reiras demanda encore un délai , qui lui fut accordé , avec ordre de se trouver à Rome au concile qui s'y devoit célébrer à la mi-avril. On sursit aussi à l'examen des autres reproches avancés contre lui , parce qu'il ne paroissoit point d'accusateur légitime. Le pape se plaignit ensuite que l'on avoit soustrait à l'église de Toul l'abbaye de Moùtier-en-Der, qu'il prétendoit lui appartenir, et fit faire lecture de ses titres. L'archevêque de Reims soutint qu'il en avoit de plus anciens en sa faveur ; sur quoi le pape ordonna qu'ils seroient cherchés dans les archives de l'église de Reims , et rapportés le lendemain. Alors le clergé de Tours, par la bouche de l'archevêque de Lyon, se plaignit de l'évêque de Dol en Bretagne , qui s'êtoit soustrait à Tarchevêque de Tours avec sept suffragants,et s'étoit attribué indûment le nom d'archevêque. Pour l'examen de cette affaire, lévêquedeDol fut cité au concile qui se devoit tenir à Rome à la mi-avril (2).

Ensuite le diacre Pierre, promoteur du concile, attaqua l'évêque de Langres, laccusant d avoir obtenu son évêchcpar simonie , vendu les ordres sacrés, porté les armes, commis des homicides , des adultères et des impuretés encore pires, et traité tyranniquements(!n clergé. Ces crimes étoient prouvés par plusieurs délateurs préseni s, entre lesquels étoit un clerc, qui assura que lorsqu'il étoit encore laïque l'évêque lui avoit enlevé sa femme de force, et après en avoir abusé l'avoit fait religieuse, il se trouva aussi un prêtre qui se plaignoitque l'évêque l'avoit pris et livré à ses satellites, qui l'avoient tourmenté d'une manière honteuse et cruelle , en sorte qu'ils avoient extorqué de lui dix livres de deniers.

Sur ces plaintes , l'évêque de Langres demanda permission de prendrcconseil : et, l'ayant obtenue, il appela les archevêques de Besançon et de Lyon , conféra secrètement avec eux , et les pria d'être ses avocats ; mais l'archevêque de Besançon , voulant entreprendre sa défense, perdit tout d'un coup la parole : ce qui lut regardé comme une punition divine de Tévêque de Langres, qui , la veille , avoit accusé et fait condamner l'abbé de Poulières, moins coupa-

(1. Sup. Iiv. wwï, n. 8. (i Sup. Iiv. ^LVI1I; n. il

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HISTOIRE DU CHRISTIANISME. (Ande J-C. I0i9.5 0ci.]

An de J.-C. 1050.]

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