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XIV. Hostilités universelles

Les pillages et les violences éloient un reste de la barbarie des peuples du i\ord. J'en ai marqué l'origine dans le foible gouvernement de Louis le débonnaire et le progrés sous ses successeurs ; et certainement il est étrange que des chrétiens ignorassent à un tel point les premiers éléments de la religion et de la politique qu'ils se crussent permis de se faire justice eux-mêmes, et de prendre les armes contre leurs compatriotes comme contre des étrangers (3). Le fondement de la société civile est de renoncer à la force pour se soumettre à des lois et à des juges qui les fassent exécuter ; et

(1) Justin. Apol. p. 61, vil, 32, 33.

B. Apol. Alhan. p. 36, C. (2J Hist. liy. xL, n. 49.

Aug. Ver. Rel. c. 3, n. h. Hist. I. uv, n. 20.

Hisl. I. m, n. 38 1 Cor. (.3) Hist. I. ux,n. 38.

HISTOIIIE DU CHRISTIANISME.

l'essence (lu chrisliaiiisme est la charité, qui obliffc non-seulement à ne faire aucun mal au prochain , mais à lui faire tout le bien possible. Ou'étoit-ce donc que des chrétiens touiours pVéts à se venger de leurs frères par les meurtres et les incendies , et ne cherchant la justice qu'à la pointe de leur épée ?

Yous avez vu les plaintes et les remontrances inutiles que Von faisoit contre ces dés- Ordres dans les assemblées des évéques et des sei^^neurs. Autre preuve de 1 ignorance, car il falloit être bien simple pour s'imagmer que des exhortations par écrit et des passages de l'Ecriture et des pères feroient tomber les armes des mains à des gens accoutumés au sang et au pillage. Le remède eût été d'établir des lois tout de nouveau, telles qu'en avoient eu les Grecs les Romains, et les autres nations policées ; mais où trouver alors des législateurs assez sages pour dresser de telles lois , et assez éloquenls pour en persuader l'exécution ?

Cependant la discipline de 1 Eglise périssoit , et les mœurs se corrompoient de plus en plus.

Les nobles , cantonnés chacun dans son château, ne venoient plus aux églises publiques recevoir les instructions des évéques. Ils assistoient aux offices des monastères voisins , ou se contentoient des messes de leurs chapelains et des curés de leurs serfs ; encore prétendoientils les établir et les destituer comme il leur plaisoit , et souvent ils s'attribuoient les dîmes et les autres revenus des églises. Les évéques ne pouvoient ni corriger ces prêtres, protégés par les seigneurs, beaucoup moins les seieneurs eux-mêmes, ni visiter leurs diocèses , ni s'assembler pour tenir des conciles , et quelquefois ils étoient réduits à prendre les armes pour défendre contre les seigneurs les terres de leurs églises.

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