‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1315 sur 2407 · XVI. Pénilence · texte numérisé non relu

XVI. Pénilence

Ce furent aussi principalement ces trois désordres, la simonie, les violences des seigneurs, et lincontinence des clercs, que les saints du onzième siècle combattirent avec plus de zèle ; mais l'ignorance de l ancienne discipline lit que l'on se méprit dans l'application des remèdes. Ils étoient de deux sortes : les pénitences et h^s censures contre ceux qui ne se soumetloient pas à la pénitence. Les pénitences canoniques étoient encore en vigueur à la lin du onzième siècle; j'en ai rapporté des exemples : loin de se plaindre qu elles fussent excessives, on se plaignoit de certains nouveaux canons sans autorité, qui les avoient notablement diminuées (2). Mais on s'éloit imaginé, je ne sais sur quel fondement, que chaque pèche de même espèce méritoit sa pénitence ; que si un homicide, par exemple, devoit être expié par une pénitence de dix ans , il falloit cent ans pour dix homicides : ce qui rendoit les pénitences impossibles et les canons ridicules. Aussi n'étoit-ce pas ainsi que l'entendoient les anciens. Je crois bien que le nombre des p<khés de même espèce ajoutoit à la rigueur de la pénitence , qui étoit toujours soumise à la discrétion des évéques ; mais enfin elle se mesuroit à proportion de la vie des hommes , et on n'obligeoità faire pénitence jusqu'à la mort que pour certains crimes les plus énormes.

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impossibles, à force de les multiplier, il fallut venir à des compensations et des estimations, telles qu'on les voit dans le décret de Burchard et dans les écrits de PierreDamien(l).C'étoient des psaumes , des génuflexions , des coups de discipline, des aumônes, des pèlerinages, toutes actions que l'on peut faire sans se convertir. Ainsi celui qui, en récitant des psaumes ou se flagellant, rachetoit en peu de jours plusieurs années de pénitence, n'en retiroit pas le fruit qu'elle eût produit, savoir, d'exciter et de fortifier les sentiments de componction par de longues et fréquentes réflexions , et de détruire les mauvaises habitudes, en demeurant longtemps éloigné des occasions et pratiquant longtemps les vertus contraires. C'est ce que ne fiiisoient pas des génuflexions ou des prières vocales. Les pénitences acquiltées par autrui le faisoient beaucoup moins, et les disciplines qu'un saint moine se donnoit pour un pécheur n'éloient point pour ce pécheur des pénitences médicinales ; car le péché n'est pas comme une dette pécuniaire, que tout autre peut payer à la décharge du débiteur et en quelque mon^noie que ce soit : c'est une maladie qu il faut guérir en la personne du malade. Aussi un concile national d'Angleterre, tenu l'an sept cent quarante-sept , condamnoit ces pénitences acquittées par autrui, et en apporloit cette raison remarquable, que, par ce moyen, les riches se sauveroient plus aisément que les pauvres, contre la parole expresse de l'Evangile (2).

Un autre abus furent les pénitences forcées. JVn trouve en Espagne dés le septième siècle. Ensuite les évéques, voyant plusieurs pécheurs qui ne venoient point se soumettre à la pénitence, s'en plaignirent dans les parlements, et prièrent les princes deles y contraindre par leur puissance temporelle (3). C'étoit bien ignorer la nalure de la pénitence, qui consiste dans le repentir et dans la conversion du cœur; c'étoit meltre le pécheur, qui, pour prévenir la justice (liviiK*, se punit volontairement lui-même, au rang du criminel , que la justice humaine punit malgré lui. Je compte entre les pénitences forcées, les défenses que les évéques faisoient à des coupables non pénitents , de manger de la chair de porter du linge , de monter à cheval , et d'autres semblables (4). Si les coupables les observoienl , j'admire leur docilité ; s'ils ne les observoient pas, j'admire la simplicité des évéques.

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