Marlyrol. Rom. 8septembr
(3) Ep. I. 5.
saintes prières, pour affermir mon esprit agité par les difTérents assauts des nations germaniques , et que je ne sois pas moins uni à vous par la communion et la charité fraternelle, que je l'étois à votre prédécesseur Bertuald lorsque j'étois s<^)rli de mon pays. Je vous prie instamment de m' envoyer copie de la lettre qui contient les questions de l'évéque Augustin, avec les réponses du pape saint Grégoire , où entre autres articles il est dit qu'il est permis aux fidèles de se marier à la troisième génération (1). Examinez soigneusement si cet écrit est de saint Grégoire, car ceux qui gardent les archives de l'église romaine disent qu'après l'y avoir cherché avec les autres lettres du même pape , on ne l'y a point trouvé. Je vous demande aussi votre conseil sur une faute que j'ai commise en permettant un mariage. Un homme, ayant tenu un enfant au baptême, a épousé la mère devenue veuve. Les Romains disent que c'est un péché capital ; ils ordonnent aux parties de se séparer, et assurent que sous les empereurs chrétiens ce mariage seroit un crime digne d'une p^'ine capitale, ou du moins d'être expié par un pèlerinage perpétuel. Apprenez -moi si vous avez trouvé dans les décrets des pères, dans les canons ou dans l'Ecriture , que ce soit un si grand crime ; car je ne puis comprendre pourquoi en un certain lieu la parenté spirituelle rend h* mariage si criminel , puisque nous sommes tous frères par le baptême ; apprenez-moi aussi en quelle année (le l'incarnation arrivèrent les premiers missionnaires envoyés par saint Grégoire aux Anglois. Saint Boniface consulta sur la même question de mariage avec la commère, Pecthlème, premier évêque de Maisonblanche en Northumbre , et l'abbé Duddon, qui avoit été son disciple. Il le prie encore de lui envoyer des traités des pères sur l'Ecriture.
Le prêtre Eoba étoit chargé de cette lettre, et d'une autre à l'abbesse Edburge (2) , pariaquelle siiint Boniface la remercie du secours des livres et d'habits qu'elle lui a donnés, et la prie de lui écrire en lettres d'or les épîtres de saint Pierre , pour donner plus de respect aux hommes grossiers , et contenter sa dévotion envers le saint apôtre, qu'il regardoil comme le patron de sa mission. Dans une autre lettre , il se plaint à la même abbesse des oppositions qu'il rencontre dans cette œuvre ; c'est, dit-il, de tous côtés travail et fureur, combats au dehors, crainte au dedans. Les artifices des faux frères sont pires que la malice des païens (3). Il y a plusieurs lettres de saint Boniface à cette abbesse Edburge, que l'on croit avoir gouverné le monastère de Vinburn enW essex; mais il y avoit une autre Edburge, abbesse de Tanet , nommée plus ordinairement Bugga , à qui saint Boniface écrivit aussi deux
(1) Sup. I. XXXVI, n. 37. (3) Ep. 13, 28. a Cor. VIII,
(2) Ep. 11. Ben. v, Hist. 5. Ep. 7, 13, U. cuit. Ep. 22.