XXIII. Cérémonies
Ce fut aussi dans les monastères que l'on conserva le plus fidèlement les cérémonies de la religion, qui sont un des principaux moyens dont Dieu s'est servi pour la perpétuer dans tous les temps , parce que ce sont des preuves sensibles de la créance , comme il i»st marqué expressément dans l'Ecriture sainte. La cdébration des fêtes de INoël et de Pâques avertira toujours les hommes les plus grossiers que Jésus-Christ est né pour notre salut, qu'il est mort et ressus-
(1) Hisl. l. XX, n. ».
(i) Hisl. 1. LVii, n 51,
(1) Ch. C. I. m, c 2S, 20. c. 2, 3, 30. Keg. c. 48, ilisl. '2) Consuet. Clun. lib. i, liv. \\\u, n. 15.
Les cérémonies servent encore à empêcher les nouveautés, contre lesquelles elles sont des protestations publiques, qui du moins arrêtent la prescription , et nous avertissent des saintes pratiques de l'antiquité. Ainsi l'office de la septuagésime nous montre comment nous devrions nous préparer au carême ; la cérémonie des cendres nous représente l'imposition de la pénitence ; l'office entier du carême nous instruit du soin avec lequel on disposoit les catéchumènes au baptême, et les pénitents à l'absolution. Les vêpres que l'on avance nous font souvenir que l'on a avancé le repas, et que l'on devroit jeûner jusqu'au soir. Enfin, l'office du samedi-saint porte encore les marques d'un office destiné à occuper saintement la nuit de la résurrection. Si on avoit aboli ces formules , nous ignorerions la ferveur des anciens chrétiens, capables de nous causer une salutaire confusion. Et qui sait si dans un temps plus heureux l'Eglise n'établira point ces saintes pratiques.
Les premiers auteurs qui ont écrit sur les cérémonies de la religion ont vécu dans les siéclesque je parcours, mais ils en parlent fous comme les reconnoissantpour très-anciennes ; et si de leur temps il s'en étoit introduit quelque nouvelle, ils ne manquent pas de l'observer. Ils donnent aux cérémonies des significations mystiques dont chacun peut juger comme il lui plaît, mais du moins ils nous assurent les faits; et nous ne pouvons douter que l'on pratiquât de leur temps ce dont ils prétendent nous rendre raison. C'est à mon avis le plus grand usage de ces auteurs. Au reste, vous avez vu dans les six premiers siècles des preuves de nos cérémonies, au mcins des plus essentielles.
(!) Dcuter. vi, 20.
HISTOIRE DU CHRISTIANISME
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