‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1323 sur 2407 · Hisl · texte numérisé non relu

Hisl

liv. Lin, n.

HISTOIUE DU CHRISTIANISME.

ses desseins , et tirer des plus grands maux les plus grands biens. Malgré les incursions redoublées des barbares, le renversement des empires, l'agitation de toute la terre , l'Eglise, fondée solidement sur la pierre, a subsisté toujours ferme et toujours visible , comme la cité bâtie sur une montagne ; la suite de ses pasteurs n'a point été interrompue, elle a toujours eu des docteurs, des vierges, des pauvres volontaires et des saints d'une vertu éclatante.

Je sais ce qui a décrié les siècles dont je parle en ce discours, c'est la prévention des humanistes du quinzième siècle : un Laurent- Yalle, un Platine, un Ange Politien. Ces prétendus savants, ayant plus de littérature que de religion et bon sens, ne s'arrétoient qu'à l'écorce, et ne pouvoient rien goûter que les écrivains de l'ancienne Rome et de l'ancienne Grèce. Ainsi ils avoient un souverain mépris pour les écrits du moyen âge, et comptoient que l'on avoit tout perdu en perdant la pure latinité et la politesse des anciens. Ce préjugé passa aux protestants, qui regardoient le renouvellement des études comme la source de leur réformalion. Ils prétendirent que la ruine et la désolation de TEglise étoit l'efTet de l'ignorance ; que le règne de l'antechrist et le mystère d'iniquité s'éloit mis en train , à la faveur des ténèbres (1). Je n'ai rien dissimulé dans ce discours de l'état de ces siècles obscurs , ni des causes et des effets de cette ignorance ; mais y avez-vous rien vu qui donnât atteinte à l'essentiel de la religion? A-t-on jamais cessé de lire et d'étudier l'Ecriture sainte elles anciens docteurs? de croire et d'ensei-

[DerannooàlanlIOO.

Andc J.-C. 1053.]

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