‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1324 sur 2407 · LIVRE SOIXANTIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SOIXANTIEME

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(I) Hist. (Je Béze.

gner la trinité, l'incarnation , la nécessité de la grâce, l'immortalité de l'âme et la vie future? A-t-on jamais cessé d'offrir le sacrifice de l'eucharistie et d'administrer tous les siicrements? A-t-on enseigné impunément une morale contraire à celle de l'Evangile? On ne peut tirer à conséquence les dérèglements des particuliers, et les abus toujours condamnés comme abus.

Qu'importe, après tout, que l'on parle et que l'on écrive mal, pourvu que l'on croie bien et que l'on vive bien? Dieu ne regarde que le cœur; la grossièreté du langage et la rusticité des mœurs n'est rien à son égard. 11 n'y a en Jésus-Christ , ni Grec , ni barbare , ni Scythe, ni libre, ni esclave. Voyez comment ceux qui ont trouvé grâce devant Dieu sont loués dans l'Ecriture; Noé fut un homme juste. Job étoit un homme simple et droit, Moïse étoit le plus doux de tous les hommes, il y avoit bien de quoi louer son esprit (1). Au contraire, les railleurs sont blâmés et délestés en cent endroits de l'Ecriture; quoique d'ordinaire ce soit ceux qui cultivent le plus l'élégance du langage et la politesse des mœurs. En effet, qui n aimera mieux avoir affaire à un homme d'une vertu solide sous un extérieur grossier, qu'à l'homme le plus agréable , mais sur lequel il ne peut compter ? On pardonne aux enfants de se laisser éblouir par ce qui brille au dehors; un homme sensé aime la vertu, sens quelqu'apparence qu'il la découvre. Jusqu'ici, donc, vous avez vu comment Jésus-Christ a accompli sa promesse, en conservant son église, malgré la foiblesse de la nature humaine et les efforts de l'enfer.

(1) Coloss. ni, H. Geii. iv, 8, 9. Job. i. Num. xii, 3.

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