‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1326 sur 2407 · II. Lettre à Michel Cérularius · texte numérisé non relu

II. Lettre à Michel Cérularius

Vers le même temps, Humbert, cardinal évéque de Sainte-Rufme, étant à Trani dans la Pouille, vit une lettre écrite par Michel Cérularius, patriarche de Constantinople,etparLéon, évèque d'Acride, métropolitain de Bulgarie, adressée à Jean, évoque de Trani. Cette lettre commençoit ainsi (2) : La charité nous aengagé à vous écrire, et par vous à tous lesévéquesetles prêtres des Francs , aux moines , aux peuples et au pape même ; et à vous parler des azymes et du sabbat, que vous observez communiquant avec les juifs. Ensuite Michel et Léon prétendent montrer que Jésus-Christ, après avoir célébré l'ancienne pâque avec les azymes, institua la nouvelle avec du pain levé, qu'ils soutiennent être le seul vrai pain. En second lieu, ils reprochent aux Latins d'observer le sabbat en carême, parce qu'ils jeùnoient le samedi : au lieu que les Grecs ne jeùnoient ni

(1) Pétri Ep. ad Domin.

Cotel. Mon. lo. 2 , p. 135.

Léo. Epist. 5.

(2) Apud Baron, ann.

le samedi ni le dimanche. Le troisième reproche est de manger des animaux suffoqués et par conséquent du sang. Le quatrième de ne point chanter AUeluia en carême. Michel et Léon finissent cette lettre en exhortant l'évêque de Trani à désabuser les autres sur ces points, comme il Tétoit déjà lui-même, et promettant, s'il le fait, de lui envoyer un écrit contenant des vérités plus importantes.

Le cardinal Humbert, ayant lu cette lettre écrite en grec, la traduisit en latin et la porta au pape, qui y répondit par une lettre trèslongue. Elle commence par un grand lieu commun sur la paix , et une véhémente déclamation contre ceux qui l'ont violée ; puis le pape, s'adressant au patriarche de Constantinople et à l'évêque d'Acride, leur parle ainsi (1) : On dit que, par une entreprise nouvelle et une audace incroyable, vous avez condamné ouvertement l'église latine sans l'avoir entendue , principalement parce qu'elle célèbre l'eucharistie avec des azymes. L'église romaine commencera donc après environ mille vingt ans depuis la passion de Notre Seigneur, à apprendre comment elle doit en faire la mémoire : comme s'il ne lui servoit de rien d'avoir été instruite par saint Pierre même. On comptoit que Jésus-Christ étoit mort à trente-trois ans , ainsi les mille vingt ans marquent l'an mil cinquante-trois de l'incarnation.

La lettre continue en relevant les hérésies et les erreurs des Grecs , et particulièrement des évéques de Constantinople , et soutenant que personne n'a droit déjuger le siège de Rome. L'auteur de la lettre ajoute que l'empereur Constantin , ne trouvant pas raisonnable que celui à qui Dieu a donné l'empire du ciel fût sujet à l'empire de la terre, accorda à saint Sylvestre et à ses successeurs, non-seulement la puissance et la dignité impériale, mais les ornements et les officiers convenables. Et ensuite : Mais de peur que vous ne soupçonniez encore la domination terrestre du saint-siège de s'appuyer sur des fables, nous rapporterons quelque chose du privilège de Constantin pour établir la vérité et confondre le mensonge (2). Il met en-

Ci) Léo. Epist. 5, c. 5.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

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An de J.-C. 105i. ]

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