XXI. Troisième voyage de saint Boniface à Rome
Saiqt Boniface Ct un troisième voyage à Rome l'an sept cent trente-huit. Unit wmr conférer avec le pape Grégoire III , qu'il n'avoit jamais vu , que pour se recommander aux prières des saints, étant déjà fort avancé en âge ,6). 11 fut très-bien reçu par le pape, comme il l'écrivit aux siens en Allemagne, et extrêmement respecté, tant par les Romains que par les étrangers ; en sorte qu'il étoit suivi d une grande multitude de François , de Bavarois, d'Anglois et d'autres nations. 11 demeura en Italie la plus grande partie de l'année; et , après avoir visité les tombeaux des sants, il prit congé du pape, qui le renvoya en sept cent trente-neuf, chargé de présents et de reliques avec- trois lettres , la première adressée à tous les évêques et les abbés , pour leur recommander saint lk)niface , et les exhorter à lui donner des ouvriers pour sa mission (7). La seconde lettre est adressée aux peuples de Cxermanie, nouveaux convertis. Le pape y nomme les Thuringiens et les Hessiens, et plusieurs autres barbares , et en général tous ceux qui sont du
côté de l'Orient , ce qu'il faut eiitendre par rapport au Rhin (1). Il les exhorte à se rendre dociles aux instructions de Boniface, et à recevoir les évêques et les prêtres qu'il ordonnera par l'autorité du saint-siège, puis il ajoute : Que s'il veut ramener ceux qui s'écartent du droit chemin de la foi ou de la discipline canonique, ne vous y opposez point, mais faites qu'ils obéissent sous peine de s'attirer la damnation. Pour vous , qui êtes baptisés au nom de Jésus-Christ, abstenez-vous de tout culte du paganisme , et détournez-en vos sujets. Rejetez les devins et les sorciers, les sacriGces des morts, des bois et des fontaines, les augures , les caractères , les enchantements et les maléfices , et toutes les autres superstitions qui avoient cours en votre pays. La troisième lettre est adressée aux évêques de Bavière et d'Allemagne, savoir , Yigou d'Augsbourg , Luidon de Spire , comme l'on croit , Rudolt ou Rodolf de Constimce , Vivilon de Lorch ou de Passau et Adda ou Heddon de Strasbourg. Ainsi , il y en a quatre d'Allemagne et un seul de Bavière, savoir , Vivilon , ordonné par le pape même après la mort de Théodore. Le pape exhorte ces évêques à recevoir favorablement Boniface, et écouter ses instructions; à rejeter les hérétiques et les faux évêques de quelque part qu'ils viennent , particulièrement les Bretons ; à délivrer leurs peuph^ de tous les restes des supiTstitions, et célébrer un concile près le Danube , à Augsbourg ou eu tel lieu que Boniface jugera à propos (2).