XVIII. Hildebrand, légat en France
L'empereur vint en Italie la même année, et ayant célébré la pàque à Mantoue , il fil la
lyant célèbre la pâque Pentecôte à Florence, où le pape tint un grand concile en sa i)résence. On y corrigea plusieurs abus, et Ion y renouvela entre autres les défenses d'aliéner les biens des églises. Le pape envoya en France le sous-diacre llildebrand pour réprimer la simonie qui ravageoit principalement l'Italie et la Bourgogne. Il tint un concile à Lyon , où , le premier jour, on accusa un évêque d'être entré par simonie dans son siège ; mais la discussion de l'affaire n'ayant pu être achevée ce jour-là , on la remit au lendemain (i). L'évêque accusé , craignant la sévérité inflexible du juge, corrompit par argent, pendant la nuit, les accusateurs et les témoins. Le lendemain il se présenta au concile, demandant fièrement où étoient ses accusateurs ; tous gardoient le silence j mais le légat
Hildebrand, jelant un profond soupir, dit à l'évtkjue coupable : Croyez-vous que le Saint- Esprit soit de même substance que le père et le fils ? Je le crois, répondit-il Hildebrand continua : Dites Gloria Patri. L'évêque commença , mais il ne put jamais nommer le Saint-Esprit, quoiqu'il essayât jusqu'à trois fois ; alors, se jetant aux pieds du légat, il confessa son crime, et fut déposé de l'épiscopat, et aussitôt il prononça sans peine le Clona Patri entièrement. On cite pour témoins de ce fait le pape CastilleII,qui tenoit le saint-siège en onze cent vingt, et saint Hugues, abbé de Cl » gny ; et Pierre Damien dit l'avoir appris de Hildebrand même. H ajoute qu'il y eut six évêques déposés en ce concile pour divers crimes.
Le même Hildebrand et un cardinal nommé Gérard, aussi légat du saint-siège, tinrent la même année un concile à Tours , où liérenger se trouva, et Lanfranc aussi (1). On donna à Bérenger la liberté de défendre son opinion ; mais , ne l'osant faire , il confessa publiquement la foi commune de l'Eglise, et jura que, dès lors, il croiroit ainsi. 11 souscrivit de sa main celle abjuration , et les légats, le croyant converti , le reçurent à la communion.