‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1345 sur 2407 · XVII. Victor II, pape · texte numérisé non relu

XVII. Victor II, pape

(1) Mich. Psel. l.M. S.

Cedr. p .790, 791. Zonar.l.

Xfll, c. 27, 28.

Les légats du pape étant arrivés en Italie à leur retour de Constanlinople , chargés des présents de l'empereur Constantin , tant pour eux que pour saint Pierre (4) , Trasimond , comte de Tiéte , les arrêta comme ils passoient par ses terres , les garda quelque temps, et les relâcha enfin après leur avoir ùlê tout ce qu'ils apportoient. Cependant les Romains , après la mort du papi» Léon , avoient envoyé à l'empereur Henri llildebrand, sous-diacre de l'église romaine, avec charge d'élire en Allemagne , au nom du clergé et du peuple de Rome, celui qu il jugeroit digne de remplir le

(2) Ccdr. p.775. fl Sup. liv. LIX, p. 28,

(3) To. 9,Conc. p. 1072. n. 41, c 2, 3.

3 C. 8,9, 10,11,12, etc.

15,21, lo. 9, p. 1082.

(4 Chr. Cass. II, c. 88.

saint-siège , parce qu'il ne s'en trouvoit point dans l'église romaine. Celte élection se fit dans une assemblée tenue à Mayence, où Hildehrand fit élire , par les évêques , Gébéhard , évêque d'Eichslet, proche parent de l'empereur, suivant l'intention des Romains (1). L'empereur en fut fort affligé , car il aimoit tendrement cet évêque. Il disoit qu'il lui étoit absolument nécessaire, et en proposoit d'autres qu'il jugeoit plus propres à cette dia:nité, mais il ne put jamais persuader à Hildebrand de changer. Gébéhard lui même ne vouloit point être pape , car, outre sa grande capacité dans les affaires, il étoit, après l'empereur, le plus puissant et le plus riche du royaume. Hildebrand remm(>na donc à Rome malgré l'empereur et malgré lui , et l'on prétendit depuis que c'étoit la cause pourquoi œpape n'aimoit point les moines, car Hildebrand l'étoit. H fut reçu à Rome avec grand honneur, reconnu pnpe d'un commun consentement , et intronisé le jeudi-saint , treizième d'avril mil cinquantecinq. On le nomma Victor II , et il tint le saintsiège deux ans et trois mois, gardant en même temps l'évêché d'Eichslet (2). Un sous-diacre, voulant h' faire périr, mit du poison dans le calice , et le pape, ne le pouvant lever après la consécration, se prosterna avec le peuple pour demander à Dieu de lui en découvrir la cause. Aussitôt l'empoisonneur fut saisi du démon ; et le pape , connoissant son crime , fit enfermer le calice dans un autel, avec le sang de Notre Seigneur, pour le garder à perpétuité avec les reliques ; puis il se prosterna de nouveau en prière avec le peuple , jusqu'à ce que le sousdiacre fût délivré. C'est Lambert, auteur grave et du temps, qui raconte cette merveille (3).

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