LIVRE SOIXANTIÈME
Maurille, qui fut mis à la place de Maii«:er, étoitnéd'une iaraillenobleau diocèse de Reiras, et fui élevé dans léglise de la même ville , d'où il passa à Liège, et y apprit tous les arts libéraux ; et ensuite il fut écolàtre de Féglise d'Haï berstat en Saxe, et y vécut honorablement pendant plusieurs années (l). Puis, touché du désir du ciel et dégoûté du monde , il vint se rendre moine à Fécamp , apparemment sous l'abbé Guillaume ; et y demeura long-temps , donnant un grand exemple de vertu. Mais Tamour de la perfection len Ot sortir par la permission de l'abbé. Il passa en Italie avec Gerbert, snn ami, saint et savant moine, depuis abbé de Saint-Vandrille , et ils menèrent quelque temps la vie érémilique, travaillant de leurs mains.
L'abbé de Sainte-Marie à Florence étant venu à mourir , le marquis Boniface, seigneur du pays , donna cette abbaye à Maurille , qui malgré sa répugnance fut obligé de l'accepter par le conseil des gens de bien , et y demeura long-temps, faisant observer la règle de saint Benoît, autant qu'il lui étoit possible. IVIais les moines , accoutumés à la licence sous son prédécesseur, s efforcèrent de l'empoisonner. Ainsi, voyant qu'il exposoit sa vie sans aucun fruit , il les quitta et revint à Fécamp , où il croyoit passer en repos le reste de ses jours, quand il en fut tiré pour être ordonné archevêque de Rouen en mil cinquante-cinq , et la môme année il célébra dans sa cathédrale le concile dont j'ai parlé avec tous ses suffraganls, en présence du duc Guillaume , pour réparer la discipline si déchue sous ses trois prédécesseurs Hugues, Robert et Mauger. Maurille tint le siège de Rouen douze ans.