XLV. AIdred, archevêque d'York
En Angleterre, Quinsin, archevêque d'York, étant mort le vingt-deuxième de décembre mil soixante, AIdred, évêque de Worchester, se fit élire par argent pour lui succéder. 11 avoit été moine à \V inchester, puis abbé de Tavestown. En milquarant(»-six il succéda à Living, évéque de Worchester, et dix ans après il se fit donner l'évêché d'Herford. Il est vrai qu'il le quitta pour être archevêque d'York, mais il garda Worchester ; et, abusant de la simplicité du roi Edouard (1), il lui persuada qu'il le pouvoit, alléguant la coutume de ses prédécesseurs. Ensuite, de concert avec le roi, il alla à Rome, accompagné de deux évéques, Gison de Véli et (iaulticr d'Herford, et deTostin, comte de Northuniberland, fils de Goduin et beau frère du roi Edouard (2). Quand ils furent arrivés à Kome, le pape Nicolas reçut le comte» favorablement, et le fit asseoir auprès de lui dans un c(mcile qu'il tenoit contre les simoniaques. 11 accorda aux deux évéques ce qu ils demandoient, c'est-à-dire, comme je crois , la confirmation de leur dignité , parce qu'ils n'étoient pas entièrement dépourvus de science et n'étoient point notés de simonie : mais AIdred étant trouvé par ses propres réponses simoniaque et ignorant, le pape le dépouilla de toute dignité, d'autant plus quil ne vouloit pas renoncer à l'évêché de \\otchester.
Comme ils s'en retournoient, ils furent attaqués par des voleurs^ dont le chef étoit Gérard, comte de Galère^, qui leur ôtèrent tout ce qu'ils avoient, hors leurs habits (3). Ils retournèrent à Rome, où létat auquel on les avoit mis fit pitié à tout le monde, et le comte Tostin fit de grands reproches au pape , disant que les nations éloignées ne dévoient guère craindre ses excommunications, puisque les voleurs qui étoient si proches s'en moquoicnt. Que s'il ne lui faisoit rendre ce qu'ils lui avoient pris, il le croiroit d'intelligence avec eux; et que le roi d'Angleterre en étant informé ne payeroit plus le tribut à Saint-Pierre. Les Romains, épouvantés de cette menace, persuadèrent au pape d'accorder à AIdred l'archevêché et le pallium , disant qu'il étoit cruel de le renvoyer dépouillé d'honneur et de biens. Le pape l'accorda, mais à condition qu'il quitteroit l'évêché de Worchester, et qu'on y or-
An de J.-C. lOOl]
(I) Epist. 3.
<'i) To. 9, Cône. 1108.
Marlen.Coll. n. 22'*.
(4) To.<J,Conc. 1111.
Ù donneroit un évoque. Il renvoya ainsi les An- ^ glois ainsi chargés de présents pour les consoler de leur perte; et après eux il envoya des légats pour l'exécution de ses ordres.