XLVI. Mort de Aicolas II. Alexandre II, pape
Le pape Nicolas II mourut à Florence vers la fin du mois de juin l'an mil soixante-un , et y fut enterré dansl'égfise de Sainte-Raparate ; car il garda le siège de Florence avec celui de Rome pendant tout son pontificat , qui fut de deux ans et près de cinq mois. Pierre Damien rapporte, sur le témoignage de Mainard , évêque de Sainte-Rufine, que ce pape ne passoit pas un seul jour sans laver les pieds à douze pauvres, et que s'il n'avoit pu le faire pendant le jour il le faisoit la nuit.
Il y eut une très-grande division entre les Romains pour l'élection du successeur, et ils envoyèrent en Allemagne, au jeune roi Henri et à l'impératrice Agnès, sa mère, Etienne, prêtre-cardinal , avec des lettres au nom du saint-siège; mais on ne voulut pas lui donner audience, et il fut obligé de s'en revenir sans avoir rien fait, rapportant ses lettres fermées (1). Enfin, après environ trois mois de vacance, l'archidiacre Hildebrand, ayant tenu conseil avec les cardinaux et les nobles romains, résolut de ne plus attendre la réponse de la cour, de peur que la division ne se fortifiât, et fit élire pape Anselme, fils d'Anselme, Milanois, évêque de Lucques, qui fut nommé Alexandrell. Ilsespéroient qu'il seroit agréable à la cour, parce qu'il y étoit fort connu. Le cardinal Didier, abbé du mont Cassin, étoit venu à Rome avec Robert Guichard, prince de la Pouille, et ils appuyèrent l'élection, comme Robert y étoit obligé par son serment. Alexandre fut couronné le dimanche trentième de septembre mil soixantt^un, et tint le saint-