‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1381 sur 2407 · LIVRE SOIXANTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SOIXANTIÈME

(1) Gesta Pontif. ap.

Baron.

(2) Lib. I, Ep. 21.

(3) Conlin. Herm.

(4) Lambert, an. 1062.

(5) Vila S. Ann.ap.Sur.

4 dec. Lamb. an. 1075, p.

229, etc.

Herman II , archevêque de Cologne, étant mort, l'empereur choisil Annon pour lui succéder, et lui donna la verge et l'anneau pastoral ; mais il ne fut pas reçu à Colo^ine sans contradiction, et quelques-uns ne le trouvoient pas d'une naissance assez relevée pour remplir un siège qu'a voit occupé Hrunon , frère de l'empereur Olhon. Toutefois, la volonté del'empereur l'emporta , et Annon fut sacré solennellement le dimanche troisième de mars mil cinquante-six (1). Sa conduite justifia le choix de l'empereur, et bientôt il se distingua entre tous les seigneurs du royaume, par sa vertu autant que par sa dignité. H s'acquitloit également bien de ses devoirs dans l'église et dans l'état, et porta pourlemoins aussi loin que ses prédécesseurs la dignité extérieure du siège de Cologne. Cependant il n'en avoit pas moins d'application aux exercices spirituels. 11 jeimoit fréquemment, il

fkissoit en prière la plupart desnuils, et visitoit es églises nu-pieds , suivi d'un seul domotique. 11 faisoit quantité d'aumônes et de grandes libéralités aux clercs, aux moines et aux pèlerins. 11 ne laissa aucune communauté dans son diocèse qu'il n'eiit gratitiée de terres et de pensionsoude bâtiments , et il passa pour constant que depuis la fondation d(» l'église de Cologne jamais évêque n'en avoit tant augmenté les biens et la dignité.

11 rendoit la justice à ses sujets avec une droiture parfaite. 11 prêchoit avec tant de force, qu'il tiroit des larmes de ceux dont les cœurs étoient les plus durs; et à tous ses sermons l'église relent issoit des gémissements du peuple. Il fonda à Cologne deux monastères de chanoines, et en divers lieux trois de moines, dont le plus fimeux fut celui de Sigeberg. Mais, vtiyant que la discipline étoit extrêmement relâchée par toute I Allemagne, il craignoit que les grandes dépenses qu il faisoit f)our ces fondations ne fussent mal omployées. Allant à Home pour des affaires délai, il passa au monastère de Frutrare en Lombardie, où il admira la régularilé des moines, et en amena quehpies-uns qu'il mit à Sigeberg (2). A son e\em|)le, les autres évêques d Allemagne leformèrent la plupart des monastères, par des moines qu ils tirèrent de Gorse, de Clugny , de Sigeberg et d'autres lieux. Pour lui, il res^M'cloit tellement ses moines de Sigeberg , qu'il leur obeissoit comme à ses maîtres , les servoil de ses propres mains, et, quand il étoit avec eux, gardoit exactement le silence et leurs autres observances. Tel étoit Annon, archevêque de Cologne. Ayant pris le gouvernement du jeune roi Henri du consentement des seigneurs, il ôla aussitôt à Guibert de Parme la < barge de chancelier d'Italie, qu il donna à Grégoire, évêque de Yerceil; et fit tenir un concile à Osbor en Saxe, ou Cadaloiis fut déposé. Pierre Damien, ayant avis que l'on alloit tenir ce

concile, composa pour la défense du pape Alexandre 11 un écrit en forme de dialogue, entre l'avocat du roi Henri et le défenseur de l'église romaine, comme s'il parloit dans le concile, où il est probable que cet écrit fut envoyé. En voici la substance (1).

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