‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1390 sur 2407 · LVII. Eglises du Nord · texte numérisé non relu

LVII. Eglises du Nord

Cependant Harold, roi de Norwé^e, y exerçoit une cruelle tyrannie. Il abattit plusieurs églises, et fit mourir plusieurs i hrétieiis par les supplices (1). Il étoit même adonné au\ maléflces, que le saint roi Olaf, son frère, avoit travaillé à exterminer du pays avec tant de zèle, qu'il lui en avoit coûté la vie. Harold, loind'èlre louché des miracles qui se faisoient à son tombeau, en enlevoit les offrandes et les distribuoit à ses soldats. Adalbert, archevêque de Brème, affligé de ces désordres, envoya des députés à Harold avec des lettres, où il lui en faisoit des reproches, l'avertissant particulièrement qu'il ne devoit pas tourner au protit des laïques les oblations, ni faire venir des évèques d'Angleterre et de France au mépris de sa juridiction, puisque c'étoit à lui de les ordonner comme légat du saint-siège.

Harold, irrité de ces remontrances, renvoya avec mépris les députés d'Adalberl, disant qn'il ne reconnoissoit en Norwège ni archevêque, ni autre personne puissante que luimême. L'archevêque Adalbert s'en plaignit au pape Alexandre H, qui écrivit au roi Harold , en ces termes (2) : Comme vous êtes encore peu instruit dans la foi et la discipline canonique ,

. (1) Adam, lib. m, c. 18, (2) Alex Episl. 2, to. 9, p. 43. Sup* l. LIX, D. 13. CoQC. p- 116,

qu'il ne soit soumis à aucune puissance lai- ; que que la royale.

En exéculion de cette bulle et de l'ordre que le reclus Vulfin prétendit en avoir reçu (le saint Pierre par révélation, le roi Edouard résolut de rétablir l'ancien monastère deSaint- Pierre, près de Londres, fondé dés le commencement de la conversion des Anglois , mais alors presque détruit. On le nommoit Westminster, à cause de sa situation, c'est-à dire monastère d'Occident. Pour cette œuvre, le roi mit à part la dtme de tout ce qu'il avoit en or, en argent , en bétail , et de tous ses autres biens; et, ayant fait abattre l'ancienne église, il en fit bâtir une nouvelle.

Cependant le pape Léon IX étant mort , le roi Edouard envoya au pape Nicolas II Aldred, archevêque d' York , et deux évêques élus pour être ordonnés par le pape. Ils étoient chargés d'une lettre, par laquelle le roi dem;mdoit qu'il confirmât la fondalion de ce monastère , et confirmoit de son côté les revenus que le saint-siège avoit en Angleterre, et en envoyoit ce qui étoit échu avec des présents de sa part. Le pape Nicolas, de l'avis d'un concile où les députés du roi furent ouïs, confirma l'absolution qu'il avoit obtenue et la fondation du monastère, le déclarant exempt de toute juridiction épiscopale, et en donnant au roi la protection, comme de toutes les églises d'Angleterre. Ce fut donc au retour de ce voyage que l'archevêque Aldred amena les légats du pape.

Page 1