‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1396 sur 2407 · Tome IV · texte numérisé non relu

Tome IV

Pclr. Dam. p, 209.

Rodolphe, étant devenu évéque, continua de mener la vie monastique, sans rien relâcher de ses austérités. Il portoit les mêmes cilices et les mêmes habits très pauvres, dans le plus grand froid il couchoit nu en chemise sur une planche; il ne mangeoit d'ordinaire que du pain d'orge et en petite quantité. Il disoit tous es jours au moins un psautier, en se donnant la discipline a deux mains , et se chargeoit souvent de cent années de pénitence, qu'il accomphssoit en vingt jours. Il regardoit son évêche d'Euguhio comme un hospice, où il lo^-eoit en passant, et sa cellule du désert comme'' son habitation. Car il avoit affaire à un peuple indocile et intéressé, qui n'attendoit de lui que des grâces temporelles. Aussi ne désiroitil que de quitter son siège; mais Pierre Damien l'obhgeoit à le garder. Il prêchoit assidûment, et donnoit aux pauvres tout ce qu'il pouvoit épargner. Il tenoit tous les ans un synode; mais il ne permettoit pas que l'on exigeât ce que les clercs avoient accoutumé d'y donner, ni que l'on prît rien des pénitents II n'a voit guère que trente ans quand il mourut le vingt-sixième de juin, et, comme l'on croit' 1 an mil soixante-trois ; et il est compté entre les saints.

Pierre Damien, ayant écrit la lettre qui contenoit cette vie, attendoit une occasion pour renvoyer au pape, quand il s'avisa d'y joindre

celledeDominiquelecuirassé,mortunanauparavant. Je crains, ajoute-t-il, que sa vie ne paroisse incroyable à quelques-uns de nos frères , mais Dieu me garde d'écrire un mensonge' Je n'ignore pas ce que dit l'apôtre (1) : Si Jé^ sus-Chnst n'est pas ressuscité, nous portons faux témoignage contre Dieu. Par où il nous apprend, que quiconque attribue un faux miracle à Dieu ou à ses serviteurs est coupable de faux témoignage contre celui qu'il a voulu louer. On voit par-là que Pierre Damien étoit au moins de bonne foi, quoiqu'il soit difficile de le justifier de crédulité excessive à l'égard de plusieurs histoires peu vraisemblables, qu'il écrit s r le rapport d'autrui.

Il raconte ensuite la vie de Dominique telle que je l'ai rapportée, et ajoute (2) : Quelqu'un peut-être seroit plus curieux de savoir quels miracles ce saint homme a faits, que sa manière de vivre. Je lui réponds qu'on ne lit point que la Sainte-Vierge ni saint Jean-Baptiste aient fait des miracles. J'ajoute que la vie des saints, étant imitable, est plus utile que les miracles, qui ne sont qu'un sujet d'admiration. Enfin, la vie si extraordinaire de ce saint homme n'a-t-elle pas été un miracle continuel?

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