‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1435 sur 2407 · LIVRE SOIXANTE-UNIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SOIXANTE-UNIÈME

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ranmilsoixante-six(i).ll commença parabattre 1 l'ancienne comme trop petite , et en bâtit dès les fondements une plus grande et plus magnifique. Il acheta à Rome à grands frais des colonnes, des bases, des chapiteaux et des marbres de diverses couleurs, qu'il lit apporter par raerjusqu'à la tour du Garioliang. L'église avoit cent cinq coudées de long , quarante-trois de large et vingt-huit de haut; les quatre coudées font une toise; il y avoit dix colonnes de chaque côté. Devant l'église étoit un parvis de soixante-dix-sept coudées de long , et de cinquante-sept de large, environné de colonnes. Pour orner le dedans de l'église, l'abbé Didier envoya des députés à Constantinople , qui en firent venir des ouvriers de mosaïque et des marbriers (2) ; car ces arts étoient tombés en Italie depuis plus de cinq cents ans; et, pour les y rétablir, il eut soin de les faire apprendre à plusieurs des serfs du monastère , aussi bien que les autres arts utiles aux bâtiments.

L'église du mont Cassin étant achevée au bout de cinq ans , l'abbé Didier la voulut faire dédier avec toute la solennité p<)ssible, et pria le pape Alexandre d'en faire lui-même la cérémonie (3). Le jour fut marqué au samedi premier d'octobre mil soixante-onze, et il y vint des prélats presque de toute l'Italie; le pape, dix archevêques , quarante - trois évéques , une infinité d'abbés, de moines, de clercs et de laïques, entre autres Richard, prince de Capoue, Jourdain, son fils, et son frère Rainulfe, Gisulfe, prince de Salerne, avec ses frères, Lendulfe, prince de Bénévent, Sergiys, duc de ]NapU»s, Sergius, duc de Surrente. Le duc Robert Guischard étoit occupé au siège de Palerme, qu'il prit la même année sur les Sarrasins, et rendit à l'archevêque grec l'église cathédrale de Notre-Dame, dont ils avoient fait leur mosquée. Ce prélat faisoit le service dans l'église de Saint - Cyriaque en de continuelles alarmes (4).

Le pape avoit promis indulgence de tous les péchés confessés à tous ceux qui assisteroient à cette dédicace , ou qui viendroient à la nouvelle église pendant l'octave; ce qui y attira une telle afnuence de peuple , qu'il sembloit que personne n'en fût sorti depuis le premier jour, tant la foule y étoit grande jour et nuit (5). Non - seulement le monastère et la ville, mais la campagne des environs étoit remplie d'une multitude innombrable, et tous furent nourris par l'abbé, de pain , de vin , de chair et de poisson, pendant les trois jours qui précédèrent la dédicace, et les trois jours qui la suivirent. Cette solennité augmenta tellement la réputation du monastère et de l'abbé Didier, que tous les princes y envoyèrent des présents, entre autres l'impératrice Agnès, et

qu'en deux ans le nombre des moines augmenta jusqu'à près de deux cents.

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