‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1470 sur 2407 · LIVRE SOIXANTE-DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SOIXANTE-DEUXIEME

(1) Act. Greg. ap. Bar.

etBolI.Grcg. u, Ep. 28.

(2) Lib. I, Kp. Greg.

a) Lamhert, p. 212, lo, 10, CoiiC. p. 313.

(4) Walh. .MX.

cutionde ce décret, ils aimoient mieux quitter le sacerdoce que le mariage , et qu'alors il verroit où il pourroit trouver des anges pour gouverner les églises à la place des hommes qu'il dcdaignoit.

Mais le pape ne se relàchoit point et ne cessoit d'envoyer des légations pour accuser les évêques de foiblesse et de négligence , et les menacer de censure s'ils n'exécutoient promptement ses ordres. Sigefroy, archevêque de Mayence, savoit que ce n'étoit pas une petite entreprise de déraciner une coutume si invétérée et de ramener le monde si corrompu à la pureté de la primitive Eglise. C'est pourquoi il agissoit plus modérément avec le clergé, et leur donna d'abord six mois pour délibérer, les exhortant à faire volontairement ce dont ils ne pouvoient se dispenser , et m les pas réduire, le pape et lui, à la nécessité de décerner contre eux des choses fâcheuses.

Enlin il assembla un concile à Erford au mois d'octobre de cette année mil soixantequatorze, où il les pressa plus fortement de ne plus user de remise, et de renoncer sur-lechamp au mariage ou au service de l'autel. Ils lui alléguoient plusieurs raisons pour éluder ses instances et anéantir ce décret s'il étoit possible; mais il leur opposoit l'autorité du saintsiège,qui lecontraignoit à exiger d'eux malgré lui ce qu'il leur demandoit. Voyant donc qu ils ne gagnoient rien, ni par leurs raisons ni par leurs prières, ils sortirent comme pour délibérer, et résolurent de ne plus rentrer dans le concile, mais de se retirer sans congé chacun chez eux. Quelques-uns même crièrent en tumulte qu'il valoit mieux rentrer dans le concile ; et , avant que l'archevêque prononçât contre eux cette détestable sentence , l'arracher de sa chaire et le mettre à mort , comme il mèriloil, pour donner à la postérité un exemple fameux , et empêcher qu'aucun de ses successeurs ne s'avisât d'intenter contre le clergé une pareille accusation. L'archevtHîue, étant averti de ce complot , les envoya prier de s'apaiser et de rentrer dans le concile, promettant d'envoyer à Rome sitôt qu'il en auroit la commodité, et de faire son possible pour fléchir le pape.

Le lendemain , l'archevêque de Mayence fit entrer en son auditoire les laïques aussi bien que les clercs, et recommença ses vieilles plaintes touchant les décimes de Thuringe , nonobstant le traité fait à Gersting peu de temps auparavant. Les Thuringiens , qui croyoient ne plus entendre parler de cette prétention, en furent extrêmement indignés ; et , voyant que l'archevêque n écoutoit point leurs remontrances paisibles, ils sortirent en furie, crièrent aux armes , et, ayant amassé en un moment une grande multitude, ils entrèrent dans le concile , et auroient assommé l'archevêque dans son siège si ses vassaux ne les eussent retenus par leurs raisons et leurs caî*csses, car ils n'ètoient pas les plus forts. Les

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