Tome IV
évêques et tous les clercs, saisis de frayeur, se cachoient par tous les coins de l'église ; ainsi se sépara le concile. L'archevêque se retira d'Erford à Hélingstat , où il passa le reste de l'année , et tous les jours de fête à la messe il faisoit publier un ban pour appeler à la pénitence ceux qui avoient troublé le concile.
Altman, évêque de Passau, ayant aussi reçu le décret du pape Grégoire pour la continence des clercs, assembla son clergé, et fit lire les lettres qui lui étoient adressées , les appuyant des meilleures raisons qu'il lui fut possible (1). Mais le clergé se défendoit par l'ancienne coutume , et par l'autorité des évêques précédents, dont aucun n'avoit usé envers eux d'une telle sévérité. Altman répondit que lui-même ne les inquiéteroit pas s'il n'étoit pressé par l'ordre du pape, mais qu'il craignoit de se rendre coupable en consentant à ce désordre. Voyant donc qu'il ne gagnoit rien , il congédia l'assemblée. Ensuite, ayant pris conseil de personnes sages et leur ayant recommandé le secret , il attendit le jour de Saint-Etienne, patron de son église, où plusieurs seigneurs se trouvèrent à cause de la fête. Alors il monta au jubé, et publia hardiment le décret du pape en présence du clergé et du peuple , menaçant d'user d'autorité contre ceux qui n'obéiroient pas. Aussitôt s'élevèrent de tous côtés des cris furieux , et peut-être le prélat auroit-il été mis en pièces sur-le-champ si les seigneurs qui étoient présents n'eussent arrêté l'emportement de la multitude.