‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1478 sur 2407 · LIVRE SOIXANTE-DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SOIXANTE-DEUXIÈME

(2; Lib. II.

(1) P. 3i4 E. Doct.Chr.

lll,c.9. Ibid.c. 16. Jo. VI.

(î^ Aug. inPs. 98, el in Jo. tracta i7, p. 347.

(3) Sup. liv. LXl,n. 21.

(4) Greg. Hom. 22. in Evang. HiUr. 8, Trinit- p.

ajoute-t-il , par le pape Léon ces inventions d# Bérenger dès leur naissance; ensuite le pape Grégoire , qui gouverne à présent l'église romaine et qui en étoit alors archidiacre, en montra la fausseté dans le concile de Tours , et reçut avec clémence Bérenger, qui paroissoit corrigé. Il marque sa condamnation sous le pape Nicolas, et insiste fortement sur l'autorité de l'Église universelle. Puis il ajoute : Si ceuxci sont l'Église, ou elle n'a pas commencé par Jésus-Christ , ou elle a cessé d'être quelque temps après -, car il est très-manifeste qu'en ce temps-ci ces folies n'éloient point avant que Bérenger les eût avancées. Or, il est certain , par l'Écriture, que l'Église ne peut cesser d'être. Il nK)ntre l'utilité de la créance de l'Eglise catholique , pour nous exciter à recevoir leucharistie avec un souverain respect et une ardente dévotion ; et il exhorte les hérétiques à se rendre à la vérité , puisqu'il ne s'agit pas ici de l'honneur de la victoire, comme dans les écoles, ou de quelqti'intérêt temporel^ comme dans les tribunaux séculiers. Ea cette dispute, il n'y va pas moins que de la vie éternelle.

Enfin, il réfute rojMnion de ceux qui disoîent que le corps de Jésus-Christ cesse d'être dans l'eucharistie à l'égard des indignes (i). Il i»ontre qu'elle est sans fondenaent , et il ajoute : Ce seroit donc au hasard que )e peuple répondroit Jmen à la communion , puisqu'il ne sauroil si ceux qui s'en approchent seroienl dignes, et quand un prêtre indigne célèbre la messe et communie seul, comme il arrive souvent, il ne se feroit point de changement, les paroles de Jésus-Christ seroient sans effets, et la foi de l'Église seroit vaine.

Après Guimond, Durand, abbé deTroarn, dans la même province de Normandie , écrivit aussi contre Bérenger un assez long traité, divisé en neuf parties, mais d'un style diffus, avec peu d'ordre et de justesse dans ses raisonnements (2). Je n'y vois rien de considérable qui n'ait été dit par Lanfranc et par Guimond. Il marque que quelques-uns ne communioient qu'une fois en neuf ans, et s'élève contre cet abus (3).

Page 1