‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1483 sur 2407 · XXII. Autres afTaires d'AUeniagne · texte numérisé non relu

XXII. Autres afTaires d'AUeniagne

Au mois d'octobre de cette année mil soixantequinze , l'archevêque Sigefroy tint un concile dans sa ville de Mayence, où se trouva l'èvêque de Coire , légat du pape , chargé de ses lettres, par lesquelles il étoit enjoint à l'archevêque, sous peine de déposition, d'obliger tous les prêtres de sa province de renoncer sur-le-champ à leurs femmes ou au ministère de l'autel (1). Mais, quand l'archevêque voulut exécuter cet ordre du pape, tous les clercs qui assistoient au concile se levèrent, et s'emportèrent tellement contre lui [par leurs discours et par les mouvements de leurs mains et de toutjle corps, qu'il dèsespéroit de sortir en vie du concile. Il céda donc à la ditTicullè, et résolut de ne plus se mêler de cette réforme , qu'il avoit tant de fois proposée (inutilement, mais de laisser au pape le soin de l'exécuter par lui-même, quand et comme il lui plairoit.

L'abbaye de Fulde étant vacante, le roi Henri voulut procéder à l'élection avec les seigneurs, le lendemain de la Saint-André (2). Il y eut de fortes brigues de la part des abbés et des moines qui étoient venus de divers en^ droits ; l'un offroit de grandes sommes d'argent, l'autre de grandes terres de l'abbaye, l'autre d'augmenter le service qu'elle rendoit à l'état. Ils ne gardoient aucune mesure, ni dans les promesses , ni dans la manière de les faire, quoique la veille ils eussent vu l'èvêque de Bamberg déposé pour simonie. Le roi, indigné de leur impudence et fatigué de leurs imporlunités, appela un moine d'Herfeld, nommé Ruzelin , qui étoit venu à la cour par

(1) P.223; t.lO,Conc.p.345. (2) Lambert, p. 22g.

ordre de son abbé pour une affaire de son monastère. Le roi l'élut abbé de Fulde le premier, lui présentant le bâton pastoral, et pria instamment les moines et les vassaux de l'abbaye de lui donner leurs sufTrages. Ruzelin, qui ne s'attendoit à rien moins , pensa tomber en défaillance, et, voyant que tous concouroient à son élection avec de grands cris de joie , il représenta son incapacité, sa mauvaise santé, l'absence de son abbé; mais les évêqucs présents lui firent tant d'iustauces, qu'il consentit enfin à son élection.

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