XXVI. Conjuration à Rome contre le pape
Cependant à Rome on conjuroit aussi contre le pape Grégoire. Après le concile de cette année mil soixante-quinze, les autres évêques relGurnèrent chez eux; mais Guibert, archevêque de Ravenne, demeura avec le pape. Il songeoit à se faire pape lui-même, et travailloi t à gagner par présents et par promesses tous ceux qu'il trouvoit à Rome mal disposés contre Grégoire (1). Il se lia entre autres intimement avec le préfet Cencius, fils d'Etienne, aussi préfet de Rome , et en fit son principal confident. Celui-ci étoit un débauché et un scélérat , fourbe , artificieux , accoutumé aux parjures et aux meurtres. 11 avoit soutenu le parti de Cadalous contre Alexandre II, et, ayant fait bàlir une haute tour sur le pont Saint-Pierre, il exigeoit des passants un nouveau péage ; et, comme il étoit fort puissant par toute l'Italie, il exerçoit de grandes vexations dans les terres de l'église romaine. Le pape, l'en ayant plusieurs fois repris en particulier, en vint enfin à l'excommunication.
Cencius, outré de dépit, alla en Fouille trouver Robert Guischard et les autres que le pape avoit excommuniés , pour concerter avec eux la manière de prendre le pape et le faire mourir. Il envoya son fils à Guibert, archevêque de Ravenne; et il écrivit au roi Henri, promettant de lui mener le pape. Ensuite, il attendit le temps propre à exécuter son dessein, et il ne le trouva qu'environ au bout d'un an. Ce fut à Noël mil soixante-quinze. Le pape alla , selon sa coutume , célébrer l'office de la nuit à Sainte-Marie-Majeure; mais le clergé et le peuple y vint en petit nombre , car il tomba celte nuit une pluie si excessive , qu'à peine
(1) AclaGreg.ap.Bollt.17, p.l48.Vila c.5, ibid.p.l23.
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HISTOIRE DU CHRISTIANISME
[ An de J,-C. 1075.