‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 150 sur 2407 · XXXII. Nouveaux évêchés en Allemagne · texte numérisé non relu

XXXII. Nouveaux évêchés en Allemagne

Saint Boniface , ayant appris en Allemagne la mort du pape Grégoire et l'élection de Zacharie , lui écrivit pour lui témoigner sa soumission, et lui rendre compte de l'érection de trois èvèchés en Germanie (2). Ces évèchés étoient Virsbourg pour la Franconie, ou France orientale , Burabourg pour la Hesse , et Erfort pourlaThuringe. Le premier évèque de Virsbourg fut saint Burchard, Anglois de naissance , que saint Boniface fit venir en Germanie , et l'ordonna évèque l'an sept cent quarante-un. Il remplit ce siège neuf ans, et l'Eglise honore sa mémoire le second de février (3). Le premier évèque de Burabourg fut Yita, nommé autrement Albuin , parce que son nom signifie blanc. La ville de Burabourg étoit prés de Frislar, et ne subsiste plus aujourd'hui, et Erfort n'eut point d'èvêque après le premier,

(1) Martyr. R. 14 feb. I. il.

(2) Tom.6, Conc p.liQi. (3) Acla SS. Ben. t. 3, p. Ep. Bonif. 132. Vit. perOth. 699.

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nomme Adélar : ainsi de ces trois évôchés il n'y a que celui de Yirsbourg qui ait subsisté (1). Saint Boni face demandoit au pape de confirmer ces établissements , afin d'assurer à l'avenir les bornes des diocèses.

Il ajoute dans sa lettre (2) : Sachez aussi que Carloman, duc des François, m'a prié d'assembler un concile dans la partie du royaume qui est sous sa puissance, et m'a promis de travailler au rétablissement de la discipline ecclésiastique; car, à ce que disent les anciens, il y a plus de quatre-vinj^ts ans que les François n'ont tenu de conciles, ni eu d'archevêques , et maintenant la plupart des sièges épiscopaux sont abandonnés à des laïcs avares pour en jouir, ou à des clercs débauchés , ou à des fermiers publics , comme des biens profanes. Si je dois commencer cette affaire à la prière du duc , je désire avoir en main vos lettres avec les canons. Il consulte ensuite le pape sur divers points de discipline réduits à cinq principaux articles, et marque ensuite quelques petits présents qu'il lui envoie. Les quatre-vingts ans de désordre dans l'église de France remontent vers l'an six cent soixante, au règne des enfants de Clovis II , que l'on compte pour les premiers rois fainéants. Toutefois , on ne croit pas devoir étendre à toute la France ce que dit saint Boniface de la cessation des conciles et de la vacance des métropoles (3). Saint Ansbert tint un concile à Rouen en six cent quatre-vingt-huit, et l'on connoît distinctement ceux qui , du temps que saint Boniface écrivoit, remplissoient les sièges de Rouen , de Tours, de Sens, de Lyon et quelques autres métropoles. On croit plutôt que cette plainte se doit réduire aux deux provinces germaniques d'au deçà du Rhin, qui n'avoient point eu d'archevêques depuis le règne de Dagobert, et le pontificat de saint Amand , second évéque de Worms , qui étoit métropolitain de ces deux provinces (4).

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