‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1518 sur 2407 · Su; . 1. \x\M, II · texte numérisé non relu

Su; . 1. \x\M, II

(4) : up. l. XXX, n. 19.

(5) \ I, Episl. 3.

Le pape Grégoire avoit une conûance particulière au saint abbé de Clugny, comme l'on voit par ses lettres, et par trois entre autres, où il lui décharge son cœur, et lui communique ses peines (1). Dans l'une, qui est de la première année de son pontiOcal, il se plaint de ce qu'il ne lui a point encore donné la consolation de le venir voir à Rome , et l'exhorte à y venir au plus tôt. Car, ajoute-t-il, tout foible que nous sommes , et quoique nos forces d'esprit et de corps n'y suffisent pas , nous portons seul un grand poids d'affaires, non-seulement spirituelles, mais temporelles; et nous craignons tous les jours de succomber sous le faix, parce que nous ne pouvons trouver de secours dans ce malheureux siècle. C'est pourquoi nous vous prions, au nom de Dieu , d'exhorter vos frères à le prier continuellement pour nous.

L'année suivante, il lui disoit (2) : J'ai souvent prié JNotre Seigneur, ou de m'ôter de cette vie, ou de me rendre ulile à son église. Car je suis environné d'une douleur excessive et d'une tristesse universelle. L'église orientale abandonne la foi catholique, et les chrétiens y sont partout mis à mort. Quand je regarde l'Occident et les autres parties du monde, à peine trouvai-je des évêques dont l'entrée ait été légitime, dont la vie soit pure, et qui gouvernent leur troupeau par charité plutôt que par ambition; et entre tous les princes séculiers, je n'en connois point qui préfèrent 1 honneur de Dieu au leur, et la justice à l'intérêt. Quant aux peuples entre lesquels je demeure , les Romains , les Lombards et les Normands, je leur dis souvent, je les trouve en quelque façon pires que des juifs et des pa ens. Quand je reviens à moi-même, je me sens si chargé du poids de mes péchés, que je n'ai d'espérance pour mon salut qu'en la seule miséricorde de Jésus-Christ. Il conclut en se recommandant aux prières des moines de Clugny.

Enûn , dans une lettre de cette même année mil soixante-dix-huit, il parle ainsi (3) : Nous sommes accablés de tant d'afïlictions et fatigués de tant de travaux, que ceux qui sont avec nous ont peine même aie voir. El, quoique l'Ecriture nous apprenne que chacun sera recompensé selon son travail , la vie nous paroit souvent ennuyeuse et la mort désirable. Quand le bon Jésus me tend la main, il me tlonne de la joie; mais, quand il me laisse à moi-même , je retombe dans le trouble ; et , quand les forces me manquent entièrement , je lui dis en gémissant : Si vous imposiez un tel ïardeau à Moïse ou à Pierre , je crois qu'ils eu seroient accablés.

Cï) Lib. I, Ep. 62.

iV Lib. II, Ep. 30.

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