‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1529 sur 2407 · I. Septième concile de Rome. Rodolphe confirmé roi · texte numérisé non relu

I. Septième concile de Rome. Rodolphe confirmé roi

Au commencement de Tannée mil quatrevingt, le roi Henri, croyant surprendre les Saxons, les attaqua en un lieu nomme Flatecheira, mais ils se défendirent si bien, ayant à leur me le roi Rodolphe et le duc Otton que le roi Henri fut défait et réduit à prendre la luite. Celte troisième bataille fut donnée le lundi vingt-septième de janvier; et le roi Rodolphe envoya aussilôtà Komeun ambassadeur en porter la nouvelle au pape Grégoire, dans le concile qui s'y tint au commencement du carême. Le pape y réitéra la défense de rece- voir ou donner des investitures, il renouvela les excommunications contre Tédal de Milan , Guibert de Ravenne et quelques autres evêques, et contre les Normands, qui pil-

loient en Italie les terres de l'Eglise (1 ). Il condamna les hmsscs pénitences, comme il avoit déjà fait au cinquième concile; et il défendit de chercher des personnes sans science et sans vertu pour recevoir d'eu\ la pénitence. C'est qu'outre les pasteurs légitimes il v avoit plusieurs abbés et plusieurs moines *^qui s'ini^éroientdela donner. On s'en plaignoil dès le temps de Léon IX, auprès duquel saint Gervin, abbedeSaint-Riquior,fut()bligéde^e iuslifier de ce que, n étant point évéque, il préchoitet confessoit sans permission du pape (:>;. On recommande encore en ce concile de Rome les élections légitimes des évéques, cest-àdire que, le siège étant vacant. réveViue visiteur, députe par le pape ou par le métropolitain , procurera que l'élection se fasse librement par le clergé et le peuple.

Mais le décret le plus fameux de ce septième concile de Rome est l'excommunication du roi 1 enn. Le papey adresse la parole à saiiit Pierre cl a saint Paul, comme dans la première et ûpres a^oir marqué l'absolution qu'il avoit donnée a ce prince, il ajoute : Les évéques et les seigneurs ultramontains, apprenant qu'il ne tenoit point ce qu'il m'avoit promis et comme désespérant à son égard , élurent sans mon conseil, vous en êtes témoins, le duc Roi

t 10 n ,«2 "^Q^^'l ^^^^' ^'^ I^C°- Sac. 6, p. 2. p. le. 10, p. 381. Sup. I. LXII, 310 'i h

dolphe pour leur roi, qui m'envoya un cournVr en diligence, déclarer qu'il avoit pris malgré lui le gouvernement du royaume, mais qu'il etoil prêt à m'obéir en tout ; et en effet il m'a toujours depuis tenu le même langage promettant même de m'en donner pour Otages son hls et celui du duc Berthold.

Cependant Henri commença à me prier de I aider contre Rodolphe ; et je'lui répondis que je le ferois volontiers , après avoir entendu les deux partis. Henri, croyant pouvoir vaincre par ses propres forces , méprisa ma réponse. Toutefois, quand il vilqu'il ne pouvoit faire ce qu'il esperoit, il envoya à Romel'évéque de Verdun et celui d Osnabruc , qui me prièrent de sa part de liji faire justice , ce que les députés de Rodolphe approuvèrent aussi. Enfin j'ordonnai dans le concile qu'on tieiidroit une conférence au delà des monts. Il parle du concile de l'année précédente (1) , et ajoute que Henri , empêchant la conférence, a encouru l'excommunication prononcée en ce concile. Il conclut en excommuniant de nouveau Henri et ses fauteurs, et lui otant le royaume d'Allemagne et d'Italie, en sorte qu'il riait aucune force dans les combats, et ne gagne de sa >ie aucune victoire.

Quant à Rodolphe, le pape lui donne le royaume teulonique, et accorde à tous ceux qui lui sont (idèles labsolution de tous leurs péchés, avec la bénédiction desapcMres en cvHg vie et en l'autre. Puis il ajoute, adressant toujours la parole a ces saints : Faites d(mc maintenant connoître à tout le monde que, si vous pouvez lier ou délier dans le ciel, vous pouvez aussi sur la terre Oter ou donner les <'mpires les royaumes et les principautés , les duchés les marquisats, les comtés et les biens de tous les hommes, selon leurs mérites. Car vous avez souvent ôté aux indignes et donné aux bons des patriarcats, les prima lies, les archevêchés et les évôches. Que si vous jugez les choses spirituelles, que doit-on croire de votre pouvoir sur les temporelles ? Et, si vous devez juger les anges qui dominc^nt sur tous les princes superbes, que ne pouvez-vous passur leurs esclaves ? Que les rois et les princes du siècleapprennenldonc maintenant quelle est votre grandeur

(I) Sup. I.LXil, II. 56

An de J. -G. 1080.]

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