‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1528 sur 2407 · LXIII. Légation en Angleterre · texte numérisé non relu

LXIII. Légation en Angleterre

(1) Aiiati. E|». î, n. i Jo 1. Cunc p. 25 t. Glem' Epist.1, ibifi p.3.V. Marca djsserl. ii. 2, ;{, '.0, etc. to.

V, Conc I, 520, etc.

(2) BoH. 7 mai, to. 13 p 198.

(3) Ap. Boll. 200. iMart n. 7 mai.

AndeJClOTO 3 LIYRE SOiXAJNTK-DEUXlEME.

JjXIV. Soin des églises éloignées.

Le pape Grégoire YII avoit une haute estime de Guillaume, roi d'Angleterre, comme il lui témoigna dès la première année de son pontificat., par une lettre où, après avoir marqué les devoirs d'un prince chrétien, il ajoute : Nous appuyons sur ces vérités, parce que nous croyons que de tous les rois vous êtes celui qui les aimez le plus ; et dans une autre lettre il loue particulièrement son amour pour la justice. 11 lui avoit envoyé pour légat Hubert sous-diacrede l'église romaine, avec un mcune, nommé Teuzon, touchant l'afTaire de Dol en Bretagne i et il l'avoit chargé de demander au roi qu'il prétAt serment de fidélité au pape et à ses successeurs, et qu'il fût plus soigneux d'envoyer à Home l'argent que les rois, ses prédécesseurs, avoient accoutumé d'y envoyer. Le roi répondit au pape qu'il avoit accordé l'un et refusé l'autre. Quant au serment de fidèlilê, dit-il, je ne l'ai voulu ni le veux faire , parce que je ne l'ai point promis, et je ne trouve point que mes prédécesseurs l'aient fai' aux vôtres (i). Quant à l'argent , la collecte s'en est faite négligemment [K'ndant environ trois ans que j'ai été en France ; maintenant que je suis de retour dans mon royaume», je vous envoie par votre légat ce qui a été recueilli, et vous enverrai le reste par les députés deTarchivéque Lanfranc.

Le pape fut irrité de ce refus , comme il pa roit par sa lettre au légat IluhiTt, en date du vingt-troisième de septembre mil soixanledix-neuf , où il niar(|ue qu'il estime peu l'argent sans l'honneur (2). H se plaint ensuite de ce que le roi d'AnL'leterre empéchoit ses évéques d'aller à Rome C'est, ajoute-t-il, ce que n'a jamais osé faire aucun roi , même païen ; et s il ne se modère il doit savoir qu il attirera l'indignation de saint Pierre. Et ensuite : Or donnez aux Anglois et aux Normands d'envoyer de chaque archevêché au moins deux évéques au coni ilcque nous célébrerons, Dieu aidant , le carême prochain.

Six mois auparavant, le pape avoit é<Tit à Lanfranc une lettre pleine de reproch<^, de ce que la crainte du roi l'avoit emp(Vhé de» le venir voir depuis qu'il eloit monté sur le Siiintsiége. Il lexhorte à conseiller à ce prince d'en mieux user avec l'église romaine, et le presse de venir lui-même. Par une antre lettre })lus dure, il lui ordonne absolument de venir dans quatre mois, sous p(Mne de suspense. Lanfranc répondit, avec modestie et fermeté, que lèloignernent des lieux ne diminueroit jamais l'affection qu'il porloitau pap<^, ni lobéissance qu'il lui devoit selon les canons (3). Puis il ajoute : Je me suis joint à votre légat pour persuader au roi cequevous désirez, mais je n y ai pas réussi, comme vous verrez par sa lettre.

On Ycit le soin que Grégoire YII prenoit des églises du Nord par deux lettres, lune de l'année précédente , l'autre de la suivante (1). La première est adressée à Olaf, roi de Norwège, à qui il dit : Nous sommes d'autant plus obligés à prendre soin de vous, qu'étant à l'extrémité de la terre vous avez moins de commodité d'être instruits et fortifiés dans la religion chrétienne. C'est pourquoi nousdésirerions, si nous le pouvions, vous envoyer quelques-uns de nos frères; mais, comme il nous est très-difficile tant à cause de l'éloignement que de la différence des langues, nous vous prions , comme nous avons mandé au roi de Dancmarck, d'envoyer à la cour apostolique de jeunes gens de la noblesse de votre pays ; afin qu'étant instruits de la loi de Dieu sous les ailes des saints apôtres, ils puissent vous reporter les ordres du saint-siège , et cultiver utilement chez vous la religion. La lettre est du quinzième de déœmbre mil soixante-dixhuit (2). L'autre lettre, datée du quatrième d'octobre mil quatre-vingt, est adressée au roi de Suéde, que le pape exhorte à envoyer à Rome quelq^i'èvêque , ou quelqu'aulre personne capable d'entre son clergé , afin , dit-il , qu'il puisse nous informer des qualités de votre pays et des mœurs de la nation, et s'instruire pleinement de tout pour vous porter nos ordres.

D'un autre côté, Grégoi e étendoit ses soins su^ l'église d'Arménie. Un prêtre, nommé Jean, se plaignit à lui, delà part de l'archevêque ar-

(!) VI, Ep. 13.

(8) Vin, Epist. II.

ménien de Synnade en Phrygie, qu'un nommé Machar, chassé du pays pour hérésie, étant venu à Rome et ayant été convaincu de la même erreur, avoit soutenu que c'étoit la doctrine des arméniens. Le prêtre Jean donna au pape une profession de foi orthodoxe ; et le pape écrivit à l'archevêque de Bénèvent, dans le diocèse duquel Machar s'étoit retiré , de le chercher pour le convertir ou le punir , c'està-dire le marquer d'un fer chaud comme hérétique , et le bannir du diocèse. Mais, pour s'assurer davantage de la foi des Arméniens, le pape écrivit à l'archevêque de Synnade en ces termes (1) : Nous avons appris qu'au saint sacrifice vous ne mêlez point d'eau dans le vin ; que vous faites le saint-chrême, non avec du baume , mais avec du beurre ; et que vous honorez et approuvez l'hérétique Dioscore d'Alexandrie. Quoique le prêire Jean, votre député , nous ait dit qu'il n'étoit pas ainsi , nous voulons toutefois que vous nous écriviez ce que vous en croyez , et des autres articles dont vous pouvez être en doute. Nous voulons aussi savoir si vous recevez avec toute l'Eglise les quatre conciles généraux , que saint Grégoire honoroit comme les quatre Evangiles, et le cinquième concile. Nous vous exhortons à ne plus ajouter au trisagion ces paroles : Qui avez été crucifié pour nous, atin de ne point scandaliser les autres églises (2). Au reste , continuez de célébrer le saint sacrifice avec du pain sans levain, et méprisez les vains reproches que les Grecs vous font sur ce sujet comme à nous. Cette lettre est du sixième de juin mil quatre-vingt.

(1) vii,Epist.ult.vin,Epist.L (2) Sup. liv.[xxix, n.31.

(D V, En 70;iv,Ep. 17.

Ap. Lanf. I',i. 7.

i; vil, tp. 1

3> VI, Kp. .lOi. i.x, Kp '.19. Lanf. Kp. 8.

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HISTOIRE DU CHKISTIANISME.

[ AndeJ.-C 1080

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