LIVRE SOIXAKTE-TROISIÈME
jugé dans le pays, où sos accusateurs et ses défenseurs se trouveroicnt plus aisément. La lettre est du troisième janvier rail quatrevinj^t. Manassès, ne s'élant donc point présenté au concile de Lyon, y fut déposé, et le papeconGrma ce jugement au septième concile de Rome, comme il le lui déclara par sa lettre du dix-septième d'avril (i, ajoutant toutefois par grâce : Nous vous permettons, jusqu'à la Saint-Michel , de vous purger avec les évoques de Soissons , de Laon , de Cambrai , de G huions , et deux autres en qui nous ayons pareille conflance, à œndition que vous rendrez tous les biens à Manassés , à Brunon et à tous les autres qui ont parlé contre vous pour la juslice, et que, dans l'Ascension, vous quitterez l'église de Reims et vous vous retirerez à CIuny ou à la Chaise-Dieu, avec un clerc et deux aiques, pour y vivre régulièrement à vos dépens. Et , pour vous épargner la peine de venir jusqu'ici , vous pourrez vous purger devant révoque de Die et l'abbé de Clugny.
Comme Manassés n'exécuta rien de] ce qui lui étoit prescrit, le pape le déclara excommunié et déposé sans espérance de restitution. Il en écrivit au clergé et au peuple de Reiras, et aux évoques de la province , leur ordonnant de procéder à l'élection d'un autre archevêque du consenteraent de l'évéque de Die , son légat. Il en écrivit aussi à Ebles, corate de Rouci , qui a voit poursuivi la déposition de Manassés, afin qu'il favorisât cette élection , et au roi Philippe , afin qu'il ne l'erapéchàt pas et ne donnât aucune protection à Manassés (2). Ces quatre lettres sont du vingt-seplièrae de décerabre rail quatre-vingt. Elles eurent leur effet, car Manassés, voulant se raaintenir à raain arraée et continuer à dissiper les trésors de l'église de Reiras , fut chassé par les seigneurs , le clergé et les bourgeois -, et , étant banni du pays , il se retira auprès du roi Henri , et mourut vagabond et excommunié.