‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1534 sur 2407 · IV. Grégoire cherche le secours des Kormaudg · texte numérisé non relu

IV. Grégoire cherche le secours des Kormaudg

Cependant le pape Grégoire, pour se soutenir contre le roi Henri, cherchoit l'appui des princes normands, savoir, de Guillaume, roi d'Angh'terre, et de Robert, duc de Calabre. En renvoyant ceux que le roi avoit envoyés à Rome avec le légat Hubert, il écrivit à ce prince une lettre bien différente de celles qu'il lui avoit écrites six raois auparavant. En celleci, il relève l'amitié qu'il a toujours eue pour le roi Guillaume, et la confiance qu'il a en son obéissance et en son secours contre les ennemis de l'Eglise, lui promettant non-s(»ulement la récompense éternelle, mais la victoire et la puissance en ce monde. (À'tte lettre est du vingt- quatrième d'avril mil quatre- vingt, et quinze jours après, en renvoyant le légat Hubert en Angleterre , le pape écrivit encore au même roi , à la reine Mathilde, son épouse, et au prince Robert , leur (ils (2).

Quant à Robert Guischard , duc de Pouille, de Calabre et de Sicile, le pape entra en conférence avec lui, avec Jourdain, prince de Capoue, et les autres principaux seigneurs normands qu'il avoit si souvent excommuniés, et il les reçut en grâce, moyennant la promesse» qu'ils lui firent de leurs s*'cours. Nous avons les actes faits avec le duc Robert , par où l'on peut juger des autres (3). Le premier est le serment de fidélité à l'église romaine et au pape Grégoire, avec prom(»sse de la défendre contre tous , et de procurer, quand le cas arriveroit , l'élection canonique des papes ses successeurs. La date est du vingt-neuvième de juin mil quatre-vingt, jour de Saint-Pierre. Ensuite est l'investiture que le pape Grégoire lui donne de la terre qui lui avoit été accordée par les papes Nicolas et Alexandre , laissant en surséance ce qui regardoit Salerne, Almafi et une partie de la Marche de Fermo, que Robert possédoit injustement , à ce que préteudoit le pape. Cet article fait voir combien il étoit pressé de s'accorder avec Robert. Le troisième acte est la constitution de douze deniers de cens, que Robert promet au papi^ pour chaque paire de bœufs de son domaine , payables à Pâques tous les ans.

Mais , quand le pape eut appris ce qui s'étoit passé en Allemagne et l'élection de l'anti-

ri) Vila S. Anas Luc. vu, Ep. 23; vif, Epist. 2.'>,

n. 16. Acta apud Boll. c. 3, 20, 27.

10 17. r3) viif, Epist. 7, lo. \,

2 Sup. I. L\u, n 68, Conc. p. 250.

pape , il envoya des légats en Pouille et en Calabre, avec une lettre aux évéques de ces provinces , où il parle ainsi de l'entreprise des schii>matiques (1) : Ils se sont efforcés de renouveler leur ancienne conspiration , et d'établir sur eux pour antechrist et |)our hérésiarque un homme sacrilège, parjure à l'église romaine, et noté pour ses crimes abominables par tout le monde chrétien, savoir, Guibert, quia ravagé l'église de Ravenne. Cette assemblée de Satan a été composée de gens dont la vie est détejitable et l'ordination hérétique ; et ce qui les a poussés à cette fureur, c'est le désespoir d'obtenir de nous, par prières ou par promesses, le pardon de leurs crimes, sans se soumettre à un jugement ecclésiastique. Nous les méprisons d'autant plus, quils croient être montés plus haut, et nous espérons voir leur ruine prochaine et la tranquillité de l'Eglise qui les aura vaincus et confondus. La lettre est du vingt -unième de juillet mil quatrevingt.

Peu de jours après, il écrivit aux mêmes évéques au sujet de Michel, empereur de Conslautinople, déposé deux ans auparavant, que ion disoit être arrivé en Italie. Les auteurs grecs disent que c'étoit une imposture, et que H' prétendu empereur étoit un moine nommé Kector; et l'historien des princes normands convient qu'il étoit au moins d(mteux si c'étoit Icmpereur Mi( bel, mais que Robert Guischard lo crut ou feignit de le croire pour avoir un prétexte de faire la guerre à l'empereur Ahîxis (û). Le pape exhorte donc les évéques à encourager les troupes qui doivent passer en Grèce à cette occiision , et leur donne pouvoir de les absoudre de leurs péchés.

Il espéroit d'ailleurs, avec le secours des Normands et des seigneurs de Toscane, vassaux de la princesse Mathilde, aller attaquer (iuibert jusque dans Ravenne. C'est ce qui parolt par une lettre adressée à tous les fidèles (le Saint-Pierre, où il dit (3) : Après le premier de septembre , quand le temps commencera à se rafraîchir, voulant délivrer l'église de Ravenne de la main des impies, nous irons. Dieu aidant, en cesquartiers<là à main armée ; c'est pourquoi nous vous exhortons à mépriser, ««urne nous, leurs vains efforts, vous tenant assurés de leur chute , qui est proche. Je ne vois pas que le pape Grégoire ait effectivement luarché en armes contre Ravenne; mais après avoir exhorté au mois d'octobre le peuple et le clergé de cette ville et les évéques voisins à élire un autre archevtHjue, enfin au mois de décembre, il leur envoya Richard, qu'il avoit lire delégUscî romaine pour le revêtir de cette dignité, et qui ne paroît pas en avoir pris possession (4).

(1) nr, Epist. 5. Malat. îib. m, n. 13.

(2) Mil, Ep. 6, Anna r3) vru, Kpîsl 7. ^omr I. I, p. ;8. Gauf. (l) \iu, Ep. 12, 13, U.

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