VIII. Concile de Lillebonne, etc
Guillaume , roi d'Angleterre , fit tenir un concile à Lillebonne, en Normandie , l'an mil quatre-vingt, où présida Guillaume, archevêque de Rouen, avec les évêques et les abbés ; le roi y assista avec les comtes et les autres seigneurs du pays , et on y fit treize canons. Le premier est pour maintenir la trêve de Dieu par l'autorité des évêques et des seigneurs. Défense aux laïques de rien prendre des revenus des églises, ni d'exiger des prêtres des services qui les détournent de leur ministère. Défense aux évêques et à leurs ministres de rien exiger des prêtres , ou les redevances qui leur sont dues, ni de les condamner à l'amende à cause de leurs femmes. C'étoit un prétexte pour tolérer leur concubinage. Si on donne à des moines une église, ce sera sans préjudice de la subsistance du prêtre et du service de l'église, et les moines auront droit de présenter à l'évêque un prêtre capable. Il s agit ici des cures {2). En ce concile , on explique assez au long les cas de la juridiction des evc^iues dès lors fort étendue , à l'occasion des personnes et des lieux consacrés à Dieu ; et, en plusieurs de ces cas, les amendes appartenoient aux évêques. On les maintient dans leur ancienne possession .
Vers le même temps, Hugues, évêque de Die, légat du pape en France , prononça une suspense contre tous les évêques de Normandie, excepté l'archevêque de Rouen, pour avoir manqué de se trouver à un concile. Sur quoi le pape lui écrivit ainsi : Quoiqu'en cerl^mes choses, le roi d'Angleterre ne se conduise pas avec autant de religion que nous souhaiterions; toutefois, il s'attire plus d'eshme et de considération que les autres rois , en ce qu'il ne détruit et ne vend point les églises ; qu'il procure la paix el la justice entre
(t) Sup. I. LUI, n. 6, 20. (2) Tom. x, p. 391, c. 4,