‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1578 sur 2407 · XLIV. Autres affaires d Espagne · texte numérisé non relu

XLIV. Autres affaires d Espagne

Le pape Urbain écrivit en même temps au roi Alphonse une lettre, où il lui marque ce qu'il a accordé à l'archevêque Bernard , et comme il a rétabli Tolède en son ancienne'dignité , l'exhortant à lui obéir comme à un père , et à protéger son église (2). Puis il ajoute : Nous avons appris avec douleur que vous avez fait arrêter l'évéque de Sainl-Jac-

An de J.-G. I08s.

(1) Sup. I. LXII, n. 75.

Mariana, lib. ix, c. ig.

Marca de prlin. Lugd. n.

12i. Sup. I. xxxr, n. 22; .xxxv, n. 5.

(2) To. X, Conc. p. 458.

ques, et que pendant sa prison vous l'avez fait déposer de la dignité épiscopale , ce qui est entièrement contraire aux canons. Et ne vous excusez point sur ce que c'est le cardinal Kichard qui l'a fait , puisque le pape Victor 111 l'avoit privé delà légation. Rétablissez donc cetévêque dans sa dignité, et nous l'envoyez avec vos députés, pour être jugé canoniquement; autrement vous nous obligerez à faire contre vous ce que nous ne voudrions pas.

Cet évêque de Saint- Jacques étoit Diègue, que le roi Sanche, prédécesseur d'Alphonse' avoit fait évêque d'iria, dont dépendoit alors Compostelle (1). Diègue étoit homme noble, mais tellement occupé des affaires du dehors 1 qu'il ne s'appliquoit pas assez à son ministère! Le roi Alphonse, on ne dit pas pourquoi, le lit mettre en prison, ce qui causa d(»s grands troubles dans cette église. Pour s'en disculpiT, Alphonse entreprit de mettre un autre évêque à la place de Diègue, et prit l'occasion du concile assemblé à Sainte-Marie-dr-Fuselles par le légat Richard , abbé de Saint-Victor. Il envoya donc sous main dire à l'évéque Diègue, que s'il vouloit sortir de prison : il falloit qu'il se confessât coupable dans le concile, et qu'il apaiseroit le roi par cette humiliation. Diègue se laissa persuader, le roi vint au concile, et l'y flt amener; il remit son anneau et sa crosse entre les mains du légat , et se déclara devant tout le peuple indigne de l'épiscopat. Alors le légat prononça qu'il étoit déchu de la dignilé épiscopale, et permit d'en mettre un autre à sa place. Aussitôt un abbé, nommé Pierre, indiqué par le roi, fut élu et ordonné évê*que d'iria, mais il n'en tint le siège que deux ans.

La mêmeannée, mil quatre-vingt-huit, Artauld, élu évêque d'Elne en Roussillon , vint à Rome pour se faire sacrer par le pa[)e Urbain; car son métropolitain Dalmace, archevêque de Narbonne, refusoit de le sacrer, à cause d'un serment qu'Artauld avoit fait aux chanoines après son élection, pour la conservation des biens de l'Eglise (:>). Dalmace prétendoit sans doute' que ce serment étoit sinioniaque; mais Arlauld soulenoit qu'il ne l'étoit point, puisqu'il n'en avoit fait aucune convention avant que d'être élu. C'est ce qu'il afllrma par serment devant le pape, qui le sacra évtVjue, après qu'il se fut ainsi purgé du soupçon de simonie.

Page 1