‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1591 sur 2407 · Vila ap.Tesnag. p · texte numérisé non relu

Vila ap.Tesnag. p

ceux qui embrassoîent la vie monastique en âge de raison ; pour les distinguer de ceux quo leurs parents y avoient engagés en les ofTranl à Dieu dès l'enfance, et que l'on nommoit oblats. Dans l'onzième siècle, on nomma frères lais ou convers ceux qui, étant sans lettres, ne pouvoient devenir clercs, et qui étoient uniquement destinés au travail corporel et aux œuvres extérieures.

Les premiers qui eurent de ces frères convers furent les moines de Vallombreuse ; ensuite ceux de Hirsauge; et l'abbé Guillaume est marqué dans sa vie comme instituteur de cette espèce de religieux (1). Les chartreux en avoient aussi, comme marque Guibert de Nogent, et les nonnnoient frères barbus. Ils faisoient des vœux solennels , et étoient vrais religieux. Cette institution semble venue de ce que les laïques, dans ce temps-là, n'avoient la plupart aucune teinture des lettres, et n'apprenoient pas même à lire (2) ; de sorte que, la langue latine n'étant plus vulgaire comme elle étoit du temps de saint Benoît, il leur étoit presque impossible d'apprendre les psaumes par cœur et de protiter des lectures qui se faisoient dans l'église , joint que depuis long-temps la plupart des moines étoient clercs.

11 y avoit dans les monastères une troisième espèce d'hommes, que l'on nommoit donnés ou oblats qui, sans faire de profession , et portani un habit peu diffèrent des séculiers, se donnoient au monastère avec leurs biens, obéissant en tout aux supérieurs, et gardant le célibat , en quoi ils différoient des serfs qui étoient mariés. Car il y avoit des hommes libres qui se dévouoient au service des monastères, principalement en Ihonneur des saints illustres qui en étoient les patrons (3). Pour marque de cet engagement, ils mettoient autour de leur cou la corde de la cloche, ou des deniers sur leur tête, ou leur tête sur l'autel. C'étoient donc des serfs de dévotion , différents de ceux qui l'éloient par leur condition et leur naissance.

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