U; II»C
■ . . , ; — 7 •" »^uii5^i 1 IL van-
gile, m recevoir la paix, ni manger avec les autres (5). L'abbé seul pou voit punir les fautes grieves, et la pénitence étoit d'être fustigé
(1) C. 30, lib. Hî, c. 13. c. 35
Rat. c. 46, n. 7 : Iib. n , (5) n, c. 6, i$: nr, c. 3
HISTOIRE DU CIIKISTIAMSME.
en plein chapitre avec des verges , demeurer dans un lieu séparé , y manger et y coucher, se tenir à toutes les heures à la porte de l'église. Que, si la faute avoit été commise devant le peuple , la pénitence étoit publique : le coupable étoit fustigé au milieu de la place , ou pour une moindre faute exposé le dimanche à la porte de l'église , lorsque le peuple entroit à la messe , avec un serviteur qui disoit la cause de la pénitence à ceux qui la demandoient. Si un moine se révoltoit contre la correction , les autres se jetoient sur lui , sans attendre qu'on leur dit , et le menoiont dans la prison , où on descendoit par une échelle, et qui n'avoit ni porte ni fenêtre ; quelquefois même on mettoit aux fers le coupable. L'abbé Hugues disoit , au rapport d'Ulric, que les monastères n'étoient point déshonorés par les fautes des moines, mais par leur impunité.
Pour observer jusqu'aux moindres négligences et les proclamer en chapitre , il y avoit des circateurs ou surveillants, qui faisoient Ja ronde par toute la maison plusieurs fois le jour; en sorte qu'il n'y avoit ni lieu ni moment où aucun des frères pût se déranger ei sûreté. Mais, ce qu'il y avoit de plus singuliei à Clugny, c'est l'attention continuelle sur les enfants qui y étoient élevés (1). On leur donnoit l'habit sitôt qu'ils étoient offerts à Dieu solennellement , suivant la règle , mais on différoit au moins jusqu'à quinze ans leur bénédiction, c'est-à-dire leur profession. Ces enfants n'étoient que six dans le monastère , et avoient au moins deux maîtres, aûn de les garder à vue et ne les quitter jamais. Ils avoient un lieu séparé dans le dortoir, et aucun autre n en approchoit : quelque part qu'ils allassent , même pour leurs actions les plus secrètes , ils étoient toujours accompagnés d'un maître avec un autre enfant. S'ils faisoient quelque faute à l'office, on les chàtioit sur-lechamp à coups de verges , mais sur la chemise, car ils en portoient au lieu de sergettes , et étoient aussi mieux nourris que les moines. Personne n'appro^hoit d'eux que leurs maîtres. Enfin , dit Ulric , voyant avec quel soin on les garde jour et nuit, j'ai souvent dit en moimême qu'il est difficile qu'un fils de roi soit élevé dans son palais avec plus de précaution que le moindre enfant à Clugny. Les jeunes profès avoient aussi , tant qu'on le jugeoit nécessaire, un custode ou gardien, qui ne les quittoit point (2).
Le chambrier de Clugny gardoit non-seulement les habits, mais l'argent, parce qu'il acheloit tout ce qui regardoit le vestiaire. Outre les habillements marqués par la règle , ils portoient des pelisses ou robes fourrées, mais de mouton seulement, des bottines de feutre pour la nuit , des sergettes et des caleçons : ce qui étoit permis par la règle d'Aixla-Chapelle, dont les moines de Clugny avoient
[ AndcJ.-C. 1091.
conservé plusieurs usages (1). On rasoit les moines environ une fois en trois semaines , et pendant cette action on chantoit des psaumes. Ils se baignoient deux fois l'an , avant Noël et avant Pâques. Outre les aumônes ordinaires , qui étoient de la charge de l'aumônier, le chambrier faisoit celle de l'entrée du carême , qui étoit accompagnée d'une distribution de lardou d'autre viande (2). L Iric dit que l'année qu'il écrivoit il s'y étoit trouvé dix-sept mille pauvres. Cette entrée du carême, ou, comme dit l'auteur, le carême entrant , signifie les derniers jours gras.
Ces coutumes de Clugny n'étoient pas nouvelles du temps d'Llric ; il y a apparence que la plupart s'y observoient dés l'origine de ce monastère, et Jean, qui écrivoit la vie de saint Odon vers le milieu du dixième siècle, en rapporte quelques-unes, particulièrement touchant l'éducation des enfants et le silence (3).