VIII. Pise, archevôché
La même année, le pape Urbain a voit érigé en archevêché Téglise de Pise , ville célèbre et ancienne de Toscane, dont Daibert ou Dagobert étoit évéque depuis l'an mil quatre-vingt-
(1) Act. xil, 5.
^2) Gc^la. V. Misccl.
Baluz. p. 237. Coiut. au.
huit. Comme la ville de Pise avoit toujours Hv alta( bée au pape légitime pendant ce schisme aussi bien que la comtesse IVlathilde, à qui elle appartenoit, Urbain voulut en témoigner sa reconnoissance (1) ; et premièrement il donna à l'évéque de Pise l'Ile de Corse, par une bulle où il dit : Comme toutes les Iles sont de droit public, selon les lois, il est certain que l'empereur Constantin les a données en propre à saint Pierre et à ses vicaires ; mais plusieurs calamités survenues ont fait perdre à l'église romaine la propriété de quelquesunes. Toutefois , suivant les maximes des lois et des canons , ni la division des royaumes , ni la longue possession, ne peuvent la priver de ses droits. Ainsi , quoique l'ile de Corse ait éle long-temps hors de la |X)ssession de l'église romaine , on sait néanmoins que Grégoire VII, notre prédécesseur, y est rentré. C'est pourquoi , à la prière de notre cher frère Daïberl, évéque de Pise, de ses nobles citoyens et de la très-chère ûlle de saint Pierre, la comtesse Malhilde, nous donnons cet'e île à l'église de Pise, pour en jouir tant qu'elle aura un évéque légitime, et qu'elle demeurera fidèle à l'église romaine , à la charge de payer tous les ans au palais de Latran cinquante livres, monnoie de Lucques. Cette bulle fut donnée à Bènévent le vingt-huitième de juin mil quatre-vingtonze.
L'année suivante , mil quatre-vingt-douze, le vingt-deuxième d'avril, le pape, étant à Anagnia , en donna une autre, où il relève les services que la ville de Pise et son évéque ont rendus à l'église romaine pendant ce long schisme , les victoires des Pisans sur les Sarrasins , et l'accroissement de leurs biens temporels. C'estpourquoi il donne à l'évéque Daïbert la supériorité sur les évéques de l'île de Corse, dont il le fait archevêque, pour y rétablir les bonnes m(eurs et la discipline ecclésiastique, et lui accorde le palliuiu.